Le 1er janvier 2022, le prix des jouets va légèrement augmenter. La loi anti-gaspillage et pour l’économie circulaire de 2020, dite Loi AGEC, va en effet imposer aux producteurs et aux distributeurs de jouets de contribuer financièrement au futur recyclage des jouets neufs qu’ils “mettent sur le marché”, dont ils doivent se préoccuper de la fin de vie dès à présent. La filière jouet fait ainsi partie des sept nouvelles filières “à responsabilité élargie du producteur”, ou “filières REP”, qui concernent aussi pêle-mêle les articles de sport, le tabac, le bricolage, le bâtiment, les lubrifiants, le chewing-gum…

Dans la filière jouet, fabricants et vendeurs vont donc ajouter une éco-contribution à leur prix de vente, afin de financer le coût du réemploi et du recyclage des jouets. Directement concernées, sept recycleries en France spécialisées dans les jouets de seconde main ont décidé de se rassembler en créant le réseau Rejouons Solidaire. « L’intérêt majeur de notre réseau est d’apparaître comme un interlocuteur privilégié lors de l’élaboration de la filière », explique Marjorie Grégoire, fondatrice de la recyclerie Ti Jouets installée à Landerneau, dans le Finistère.

Dans une étude, l’ADEME a dessiné les contours de ce que pourrait être l’organisation de la filière Jouets. Or, voilà qui inquiète particulièrement Rejouons Solidaire : « L’étude minimise les coûts de réemploi nécessaires pour obtenir des produits de qualité. Elle se base sur le volume de déchets de jouets, alors qu’il faut se baser sur le volume global de jouets mis sur le marché : c’est ce volume-là que nous allons inévitablement traiter », déplore Claire Tournefier, fondatrice de Rejoué, installée à Paris et initiatrice du réseau.

« Les solutions existantes peuvent être un véritable tremplin pour la filière REP »

Rejouons Solidaire milite pour que les acteurs du réemploi qui fonctionnent déjà sur les territoires soient considérés et véritablement pris en compte dans le cahier des charges de la REP Jouets, en cours de constitution. « Il ne faut pas rédiger à l’encontre de l’existant, il faut au contraire aller vers l’augmentation des possibilités locales et vers l’articulation des acteurs entre eux, c’est ensemble que nous trouverons des solutions », insiste Claire Tournefier.

« Nous collaborons déjà avec des enseignes de jouets qui nous reversent leurs invendus, ou avec des partenaires qui organisent des collectes pour des clients », précise Marjorie Grégoire. « Récemment, une enseigne Leclerc distribuait aussi nos jouets en les revendant directement en magasin. Cela pourrait être un formidable tremplin pour la filière de s’inspirer des exemples existants », poursuit-elle.

« Nous allons réussir le pari du réemploi, j’en suis certaine », assure Claire Tournefier. Mais, pour elle, la réussite tient essentiellement dans la bonne information du consommateur, à qui il faut dire qu’il existe une offre de jouets de seconde main de qualité dans leur région, près de chez eux. « C’est cette consommation qui encouragera le réemploi », conclut-elle.

Rejouons Solidaire espère aussi que le pourcentage de l’éco-contribution sera en phase avec les coûts du réemploi. Pour porter cette vision et les bonnes solutions aux fabricants et aux distributeurs, le réseau compte aujourd’hui sur l’union de tous les acteurs pour aboutir à une filière pérenne du réemploi du jouet.

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