[Edito] Haro sur le plastique : un maigre plan de bataille

10/07/2018

 

 

 

Le plastique, c’est magique. Transparent, facile à mouler, résistant aux chocs, parfois indestructible… En dix ans, la production mondiale de plastiques a augmenté de 40% pour atteindre 348 millions de tonnes en 2017, selon PlasticsEurope. Le plastique est partout, et c’est bien là le problème. Alors, des gouvernements sonnent la charge, des entreprises s’en mêlent, pendant que les citoyens, parfois, hésitent.

Il faut dire qu’il est loin, ce fameux 7e continent de plastique trois fois grand comme la France, découvert sous la surface de l’eau voilà 11 ans. Des sacs, des bouteilles, des jouets, des filets… Dans le Pacifique, un lent courant tourbillonnant concentre nos déchets plastiques, qui s’y désagrègent en micro particules de la taille du plancton, bien vite absorbées par l’écosystème marin. Ce plastique entre dans la chaîne alimentaire et se retrouve in fine dans nos estomacs. Bon appétit !

Haro sur le plastique donc. Avec son plan biodiversité, le gouvernement affichait la semaine dernière un objectif « zéro déchet en mer en 2025 ». Sus aux cotons tiges, pailles, gobelets, touillettes et microbilles dans les cosmétiques. Maigre plan de bataille, en vérité. Car s’attaquer aux déchets en fin de chaîne de consommation est important, mais 40% de la demande vient du secteur de l’emballage, 20% du BTP et 8% de l’automobile. Le meilleur plastique sera toujours celui que l’on ne produit pas ou que l’on n’achète pas. C’est donc en amont de la chaîne qu’il faut travailler.

Justement, 55 entreprises et fédérations professionnelles s’engagent à recycler 600.000 tonnes de plastiques à l’horizon 2025. C’est deux fois plus qu’aujourd’hui, mais c’est si peu ! La France produit 3,6 millions de tonnes de plastiques par an, le reste est donc brûlé. De plus, 55 entreprises s’engagent quand la filière plastique compte 9.000 employeurs et 260.000 salariés en France. Le secteur ayant perdu un quart de ses emplois en dix ans, la vraie question est celle de la transformation d’une filière dérivée du pétrole en une industrie adaptée aux enjeux bas-carbone.

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