3 questions à Xavier Limagne
Muséographe, Cité de l’Économie

Après 10 ans de réflexion, le musée CitÉco a ouvert ses portes vendredi.  Pourquoi la  Banque de France a-t-elle voulu créer une Cité de l’Économie ?

Le point de départ, c’est un constat : les Français ont peur de l’économie. L’argent reste tabou et le sujet est tenu par des experts au langage vite incompréhensible. Si vous n’avez pas fait d’études en économie, vous pouvez vite vous sentir démuni. Pourtant, ce domaine touche tout le monde et la matière évolue : les théories économiques, qui font partie des sciences humaines, sont sans cesse en mutation. Tout le monde n’est pas d’accord et c’est tant mieux. L’idée était donc de faire un lieu pour que tous les citoyens puissent s’approprier l’économie. Notre plus gros travail a été de développer l’interactivité avec le public. Le visiteur ne deviendra pas économiste en deux heures, mais nous espérons susciter en lui une curiosité et lui prouver qu’il est capable de comprendre ce qui touche à l’économie.

CitÉco parle-t-elle d’économie sociale et solidaire ou d’économie circulaire ?

CitÉco est d’abord composé d’une exposition permanente qui reprend des concepts fondamentaux en économie, avec un gros effort d’écriture pour traduire des sujets complexes en 500 signes. Nous avons cherché à vulgariser des termes complexes : la « fragmentation de la chaine de valeur » devient le « made in… partout ». Des expositions temporaires viendront compléter le programme. La première sera inaugurée en novembre et aura pour thème « L’Homme et l’environnement », avec le soutien de l’Agence Française de Développement. L’économie circulaire ou l’économie sociale et solidaire trouveront leur place dans ces expositions tournantes. Et nous ouvrons des portes dans l’exposition permanente, avec la mise en avant des monnaies locales complémentaires.

Finance responsable, entreprises à mission… CitÉco ouvre-t-elle ces débats ?
 

La Banque de France, qui porte CitÉco, a pour mission l’éducation des publics à l’économie et à la finance. Notre volonté est de créer un lieu de vie et de rencontres avec des personnes qui portent des projets économiques intéressants. La Cité de l’Économie sera ce que les visiteurs construiront avec nous au fil des échanges. Une exposition a ses qualités et ses défauts, mais le plus important est de générer de la pensée chez le visiteur. Des médiateurs sont présents pour effectuer des visites guidées et répondre aux questions du public. Pour moi, la qualité d’une exposition se mesure à la quantité de discussions qu’elle génère.

CitÉco : 1 Place du Général Catroux, 75017 Paris – Fermé le lundi – Jeunes 6€ – Adultes 12€

Propos recueillis par
Hélène Corbie