3 questions à Léa Zaslavsky, co-fondatrice du fonds d’investissement de Makesense SEED 1

Makesense est un incubateur de l’ESS, pourquoi créer un fonds d’investissement ?

Depuis 8 ans, Makesense associe tous les acteurs de la société pour engager la transition écologique et solidaire. En 2011, nous avons lancé une mobilisation citoyenne. En 2012, des activités de transformation des entreprises. En 2014, un incubateur pour accélérer les entrepreneurs sociaux. En l’espace de 5 ans, notre incubateur a accompagné 500 entrepreneurs sociaux et environnementaux. Mais il y avait un trou dans la raquette : dans l’économie classique, des business angels apportent 100.000€ à 300.000€ pour aider à l’accélération commerciale. Chez les entrepreneurs sociaux, c’est différent : beaucoup passent 12 à 18 mois à trouver ces fonds, ce qui met en péril leur activité. Nous avons voulu sauter le pas et proposer cette brique de pré-amorçage.

Comment postule-t-on à un financement de Makesense via SEED 1 ?

Quand on postule, c’est sur le programme « Accelerate » de Makesense, qui dure trois mois. Nous accompagnons les entrepreneurs sociaux qui ont une ambition internationale ou européenne, qui ont une équipe de fondateurs dotée des compétences-clés, et qui ont déjà un premier prototype. L’objectif est de consolider leur stratégie de financement, leur produit ou leur service, leurs indicateurs de performance. Ils ont accès à nos outils et à notre réseau de mentors. Il y a donc d’abord un accompagnement qui, éventuellement, peut donner lieu à un financement. Et dans ce cas, le premier tour se monte en moyenne à 100.000€, avec possibilité d’un deuxième tour au bout de 6 mois entre 150.000€ et 300.000€. Nous avons reçu plus de 100 candidatures depuis janvier, 15 sont entrés dans le programme « Accelerate », 6 sont actuellement en « due diligence » : on peaufine leur business plan. Au final, on devrait faire 2 ou 3 investissements d’ici la fin d’année.

Quel est le modèle économique du fonds SEED 1 ?

Nous sommes le premier « fonds à impact » en France, c’est le créneau le plus risqué et le moins rentable. Comme on ne veut pas laisser les entrepreneurs seuls, nous avons levé 8 M€ pour les réinvestir. Nous nous rémunérons comme les fonds classiques, au pourcentage. Le taux de rendement attendu est de 5% sur la totalité du fonds. Le ministère de la Transition écologique, lui, apporte une subvention sur l’activité d’accompagnement des entrepreneurs sociaux que l’on va financer. Ce fonds est donc vraiment une brique de l’accompagnement. On ne change pas de métier, tout cela ne change pas le modèle économique de Makesense. Ce qui nous motive, c’est bien la réussite des entrepreneurs.