L’idée est simple : donner du sens à une condamnation. Le 20 février dernier, le tribunal correctionnel de Paris a condamné la banque suisse UBS à la plus grosse amende jamais prononcée en France : 3,7 milliards d’euros. « Avec les dommages et intérêts, le montant grimpe à 4,5 milliards d’euros« , précise Arnaud Poissonnier, « cela correspond à une année de l’ancien ISF ». L’organisme bancaire est accusé d’avoir organisé l’évasion fiscale de milliers de contribuables français pendant 8 ans.

En apprenant la nouvelle de la condamnation, le fondateur de Babyloan* s’est posé une question : que va devenir cette somme gigantesque ? Si elle intègre le budget de l’Etat, elle sera affectée à différents postes de dépenses. Avec Frédéric Roussel, président du réseau Convergences*, ils décident de « proposer à l’Etat français d’affecter cette somme à la lutte contre la précarité et la pauvreté, en France et dans le monde ». Tout un programme ! Mais par où commencer ?

Le 28 février, la réponse est en ligne : les deux hommes lancent une pétition sur internet. Quelques jours plus tard, ils ont déjà récolté près de 25.000 signatures. Mais le combat sera long. La première banque privée du monde a en effet déjà fait appel de la décision de justice. Ce qu’il faut, estime Arnaud Poissonnier, c’est « la création d’un fond ou d’une structure juridique qui accueille cette somme », afin qu’elle soit redistribuée aux acteurs de la lutte contre la précarité. Cela ferait de cette proposition une « évidence pour l’Etat« .

Babyloan : site de micro-crédit par le financement participatif, créé en 2008

Convergences : plateforme de réflexion qui promeut la lutte contre la pauvreté, l’exclusion et les changements climatiques, lancée en 2008