Quand Moody’s dégrade la note de la France, ça fait la Une de la presse. Dans le monde de l’investissement socialement responsable (ISR), une réaction presque analogue devrait survenir lorsque les agences de notation extra-financières décident de sanctionner une entreprise dont les performances sont insuffisantes en matière d’enjeux environnementaux, sociaux ou de gouvernance, explique Hervé Guez, directeur de la recherche ISR chez Mirova, dans cette interview vidéo accordée à Médiatico, à l’occasion de la parution de l’ouvrage « Pour une finance positive » (éditions Rue de l’Echiquier)*.

 

Selon lui, les agences de notation extra-financières ont par ailleurs trop focalisé jusqu’ici leur analyse sur la qualité du management, son appréciation du développement durable et sa bonne volonté à progresser. Respectable, mais largement insuffisant pour Hervé Guez : « Ce qui compte dans une stratégie d’investissement, c’est d’abord la performance », assure-t-il dans cette interview vidéo. Faute de quoi le discours auprès du grand public est illisible, rendant le placement financier responsable totalement invendable à l’épargnant !

 

Les agences de notation doivent donc se démarquer des bonnes intentions et des longs rapports sur le développement durable des entreprises. Elles doivent avant tout analyser l’impact concret des placements financiers dits « responsables » et, surtout, porter un discours fort au terme de leur analyse. En clair, les agences de notation extra-financières devraient mouiller la chemise, indique Hervé Guez à Médiatico : « On en a besoin », assure-t-il.

 

* « Pour une finance positive », par Hervé Guez et Philippe Zaouati, 120 p., éditions Rue de l’Échiquier.

 

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