Depuis le 1er janvier 2019, Jérôme Saddier préside ESS France, l’organisme qui représente l’économie sociale et solidaire auprès des pouvoirs publics. Vice-président du Crédit Coopératif et président de l’Avise, il a aussi été directeur général de la Mutuelle Nationale Territoriale, ainsi que chef de cabinet de Benoît Hamon lorsqu’il était ministre de l’économie sociale et solidaire et qu’il préparait la Loi ESS de 2014.

La présentation du Pacte de Croissance de l’ESS du gouvernement, qui entend par 34 mesures révéler le potentiel de transformation de l’économie sociale et solidaire en France, a fait réagir sur Mediatico.fr le nouveau président d’ESS France, Jérôme Saddier. Dans notre interview vidéo, celui-ci regrette « l’absence totale de concertation » sur ce dispositif présenté fin 2018 et dit espérer que les acteurs de l’ESS seront entendus lors de la phase de concertation qui s’ouvre finalement en ce mois de février pour une période de deux mois.

Parmi les manques du Pacte, Jérôme Saddier relève l’absence d’un volet fiscal spécifique aux acteurs de l’ESS, attendu de longue date par le secteur, tels qu’un crédit impôt recherche ou divers dispositifs de soutien à la R&D applicables au champ de l’innovation sociale.

Parmi les points positifs, il salue l’accélération donnée à l’innovation sociale, ainsi que la mise en place de trois fonds d’amorçage pour accompagner le démarrage des entreprises sociales. Mais il regrette l’absence totale d’argent public dans la constitution de ces fonds et souligne qu’ils ne bénéficieront qu’aux entreprises sociales. Or, celles-ci représentent à peine 1% à 2% de l’économie sociale et solidaire, le secteur étant composé principalement d’associations, pour leur part en grave crise de financements.

Quant au regroupement des instances représentatives de l’ESS que le gouvernement appelle de ses voeux et qui concernerait principalement ESS France, l’UDES et le CNCRESS, Jérôme Saddier affirme que « créer un Medef de l’économie sociale n’est pas un bon projet ». Il insiste pour que les acteurs du secteur soient seuls décisionnaires de leur organisation.

Enfin, répondant aux questions des lecteurs et des adhérents de Mediatico, Jérôme Saddier a relevé que certains acteurs de l’ESS, tels que les mutuelles, disposaient de réserves financières confortables qu’elles pourraient « mobiliser différemment pour créer des cycles de croissance » vertueux pour le secteur.

Retrouvez l’interview intégrale de Jérôme Saddier, président d’ESS France, dans notre vidéo sur Mediatico.fr