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Par Jean-Michel PASQUIER,
Fondateur de KOEO
(www.koeo.net)

Construire une dynamique de générosité dans une entreprise est une piste enthousiasmante pour fédérer ses salariés et concrétiser « par la preuve » sa responsabilité sociétale d’entreprise (RSE). Cette dynamique peut se construire au travers de différents dispositifs : don de compétences sur son temps privé (bénévolat de compétences), sur son temps de travail (mécénat de compétences) ou sur ses congés payés (congés solidaires), sans oublier le team-building solidaire (journées de solidarité) ou le don sur salaire…

Toutefois, quelques règles doivent être respectées pour garantir une mobilisation pérenne.

 

1/ Observez le climat social

Le véritable point d’ancrage de la réussite d’un programme de mobilisation, c’est le climat social existant. Une politique de management « tendue » ou un récent plan de licenciement n’incarnent pas le meilleur contexte pour une proposition d’engagement. Celle-ci risque d’être perçue comme du « socialwashing« , alors que l’intention de départ peut être parfaitement sincère.

En revanche, sa mise en place en amont peut amortir des périodes de baisse d’activité, voire prévenir des périodes de chômage technique, notamment avec le mécénat de compétences : mieux vaut proposer à un salarié une mission d’intérêt général, plutôt que de lui imposer un temps de chômage partiel traumatisant.

 

2/ Anticipez

Le second prérequis, c’est l’anticipation : donnez-vous le temps d’étudier en amont les caractéristiques, les objectifs, les outils, les ressources allouées au programme… En bref, construisez un véritable cahier des charges. Cela vous permettra d’avoir une vision de sa faisabilité d’une part, et de mettre en place une feuille de route avec ses principaux points d’étapes d’autre part. Un consultant ou une entité externe peuvent apporter leur valeur ajoutée méthodologique et faire gagner un temps précieux, par exemple en identifiant le dispositif d’engagement solidaire le plus judicieux.

 

3/ Visez le long terme

Dans ce cahier des charges, une notion essentielle est la durée du projet. Une longue durée reflète la volonté de créer quelque chose d’utile, de solide et de pérenne. S’engager avec les salariés dans des actions de solidarité traduit de façon « opérationnelle » vos valeurs de partage et d’entraide. Mieux vaut donc s’inscrire dans une démarche de très long terme, même en cas d’aléas économiques externes.

 

4/ Ciblez les destinataires du message

Il est également crucial de cibler les destinataires du programme. Souhaitez-vous proposer du mécénat de compétences à l’ensemble des collaborateurs, ou seulement aux collaborateurs seniors que vous souhaitez accompagner dans leur transition entre la fin de carrière et le début de retraite, comme le fait la Fondation Orange ? L’élaboration des caractéristiques et l’adaptation du discours pour soutenir le programme en dépendent. Cela permet aussi d’éviter toute frustration, si le choix se porte à une population spécifique dès le début du programme.

 

5/ Ne vous surestimez pas

Il faut savoir commencer de façon raisonnable et modeste. Testez d’abord le taux d’adhésion des salariés à un programme, il sera toujours temps de faire grandir le dispositif ensuite. De plus, c’est en phase de démarrage que vous pourrez apporter des évolutions et des correctifs éventuels, qui seront donc d’autant plus faciles à déployer que les paramètres « quantitatifs » seront limités.

 

6/ Variez les thématiques associatives

Beaucoup d’entreprises sélectionnent une thématique associative proche de leur cœur de métier ou connectée à la culture de l’entreprise. C’est légitime, mais pas toujours suffisant. Offrez des axes d’engagement variés, qui feront découvrir de nouveaux enjeux à vos collaborateurs. Une bonne façon de les enrichir et d’éviter leur lassitude à moyen terme.

 

7/ Communiquez, valorisez votre action

Enfin, il est essentiel d’assurer l’animation et la vie du projet, en installant des points de rendez-vous réguliers durant l’année, afin de mettre en valeur ce qui a été fait (restitution de missions, testimoniaux) et d’initier la naissance de futurs projets.

 

En somme, les clés de la réussite d’un programme de mobilisation des collaborateurs sont la simplicité et la sincérité avec lesquelles vous construisez votre message et vos outils. Si ces conditions sont remplies, vos collaborateurs s’empareront naturellement du dispositif et deviendront ses meilleurs ambassadeurs devant l’outil de communication fondamental de l’entreprise… la machine à café !

Jean-Michel Pasquier