Depuis avril 2018, Nils Pedersen est le président de la Fonda, un think tank associatif qui produit, depuis plus de 35 ans, des analyses sur le monde des associations. Un secteur qui semble plutôt bien se porter : « Plus de 22 millions de Français sont engagés dans une activité associative, soit 43% de la population de plus de 18 ans » explique-t-il à la lumière d’une étude de Lionel Prouteau sur le bénévolat. « Cet engagement s’est consolidé ces dernières années, les Français ont besoin de s’engager pour une association« .

Mais avec la diminution des subventions, la suppression progressive des contrats aidés ou encore la disparition de l’ISF qui constituait une source de financement, le monde associatif apparaît peu soutenu. Explication : la richesse produite par les associations est difficilement quantifiable. « Le secteur pèse pourtant très lourd », rappelle Nils Pedersen : « 1,3% du PIB de la France et environ 1,4 millions d’équivalent temps plein travaillés par les bénévoles. Aujourd’hui, s’il n’y avait plus de bénévoles, la France s’arrêterait de tourner ». 

« Or, si on scie la branche du monde associatif, on scie aussi le terreau démocratique« , estime Nils Pedersen. « Car l‘engagement associatif, c’est le pouvoir d’agir. Les associations sont un champ de liberté extraordinaire, parfois perçu comme un contre-pouvoir qui peut déranger ». Et si certaines associations sont remuantes et opposent des voix discordantes face aux décisions des pouvoirs publics, elles sont plus que jamais nécessaires à notre démocratie. 

Pour aller plus loin :
Cette interview vidéo a été diffusée dans « IMPACT », le magazine vidéo de Mediatico dédié à l’actualité de l’économie sociale et solidaire : découvrez « IMPACT »