La saison 2014 des assemblées générales d’entreprises a montré que le nouveau processus « Say on pay », qui consiste à faire voter les actionnaires sur la rémunération des dirigeants, commence à bien fonctionner. Pierre-Henry Leroy, président de Proxinvest, estime que les entreprises ont fait un gros effort d’information cette année. En marge du colloque « Renforcer la RSE : soft law ou droit contraignant ? », organisé par AEF Développement durable et AEF Ressources humaines le mardi 14 octobre 2014, dont l’agence Mediatico était partenaire, Pierre-Henry Leroy a toutefois rappelé quelques situations critiques : Renault ne donne toujours pas d’information précise sur la rémunération de ses dirigeants, tandis que Carrefour ou Total n’en communiquent pas, ou trop peu, sur l’attribution des bonus.

 

Rappelant l’importance de la transparence de l’information, Pierre-Henry Leroy a néanmoins souligné que l’enjeu majeur était surtout de pousser les actionnaires à exercer leur droit de critique, au moment du vote des résolutions. Selon lui, le taux de 4% de contestation des actionnaires, bien que minime en apparence, s’avère un taux relativement élevé en matière de rémunération des dirigeants. Il a estimé scandaleux qu’une dizaine de rémunérations de dirigeants français dépassent actuellement 4,8 M€, soit 240 fois le Smic. Il a également insisté sur le fait que les rémunérations aberrantes étaient généralement le résultat d’un abus de position dominante des grands groupes.

 

Pour aller plus loin :

– Découvrir le guide d’application du code Afep Medef, portant notamment sur la rémunération des dirigeants 

– Comprendre le « Say on Pay » et le vote des actionnaires sur la rémunération des dirigeants, depuis 2014 en France

– D’autres vidéos de MEDIATICO sur la rémunération des dirigeants