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Par Vincent AURIAC,
Fondateur de AXYLIA
(www.axylia.com

La COP21 sera l’occasion de sceller en décembre un accord sur le climat. Il reste encore six mois avant la fin des négociations. Les ONG ont commencé leur travail de médiatisation des enjeux. Si l’on prend un peu de hauteur, on observe que plusieurs facteurs sont à l’œuvre. Le premier, fondamental : le principe pollueur-payeur a gagné !

 

Demain, toutes les entreprises paieront les conséquences néfastes de leurs activités. La taxation prochaine du carbone (ou mieux la perspective de sa taxation) entérinera la baisse de la profitabilité des entreprises : les sociétés paieront lourdement les contraventions au droit, aux ententes sur les prix, etc. Elles paieront plus d’impôts dans les pays ou elles dégagent des bénéfices.

 

Les banquiers et les assureurs vont céder à la pression médiatique qui s’annonce féroce. Axa vient d’annoncer l’arrêt des investissements dans le charbon (500 millions d’euros en jeu pour 800 milliards d’euros d’actifs gérés). Le Crédit Agricole a fait de même.

 

Un secteur reste à l’écart : la gestion d’actifs. Seuls trois gérants français (Mirova, Investisseurs & Partenaires, BNP Paribas IP) ont signé le “Montréal carbon pledge” qui les engage à mesurer et à rendre publique l’empreinte carbone de leurs portefeuilles.

 

En France, la loi sur la transition énergétique adoptée le 26 mai rend obligatoire le reporting environnemental pour les investisseurs institutionnels. Ils devront notamment mesurer les émissions de gaz à effet de serre associées aux actifs détenus.

 

Jusqu’ici, un seul investisseur a publié son empreinte carbone : l’ERAFP, un fonds de pension public. Résultat : 11,9 % de carbone en moins. C’est la première fois en dix-huit ans que la gestion ISR dite best-in-class s’est laissée mesurer. Il va falloir développer cette culture de la preuve et améliorer ces scores pour emporter l’adhésion, jamais gagnée, du grand public.

 

Si le climat est le problème de tous, alors l’ISR doit être l’affaire de tous. Face à cette massification, comment justifier de n’enrôler que 1 % des clients ou 10 % des gérants ? Comment expliquer à un client qu’il est possible de n’offrir qu’un fonds ISR et de ne rien changer sur le reste de la gamme ?

 

L’ISR doit se donner une seule ambition : 100 % du marché dans les 5 ans ! Tout objectif inférieur serait suspect. Le temps de l’intégration ESG, de la responsabilité globale, est venu. La prochaine frontière de la gestion d’actifs sera celle de la plus-value intégrale, concrète et mesurée.

 

Vincent Auriac*

 

* Vincent Auriac dirige la société de conseil Axylia, qui organise le 18 juin prochain les Ateliers de la Finance Responsable. Programme disponible sur le site :

www.lesateliersdelafinanceresponsable.com