Chefs d’entreprise, entrepreneurs sociaux, acteurs de l’économie sociale et solidaire, élus, journalistes… La Région Ile-de-France n’a pas lésiné sur les moyens pour attirer – et tenter de convaincre – près de 500 personnes le 15 octobre dernier, à la Cité Universitaire de Paris, de sa nouvelle marotte : « Construire ensemble le social business ». Parmi les grands témoins, Alexandre Mars, Clara Gaymard, Christian Nibourel, Christophe Poupinel, Augustin de Romanet… Dans la salle, quelques convaincus, mais aussi des interrogations de la part des acteurs de l’ESS et de l’entrepreneuriat social.

Evoquant d’abord le caractère « très inégalitaire » de l’Ile-de-France et les importants défis sociaux et environnementaux à relever sur le territoire, la présidente de la Région, Valérie Pécresse, a fait valoir les avantages d’un rapprochement entre les grandes entreprises et les entrepreneurs sociaux : les premières sont en quête de nouvelles opportunités d’affaires, tandis que les seconds sont trop petits pour se développer et agir seuls à grande échelle, a-t-elle souligné. Valérie Pécresse a donc annoncé que la Région financerait des structures comme Ashoka, REC Innovation, KPMG, l’Adive ou Socialco Bizz, pour qu’elles accompagnent les entreprises qui souhaitent identifier leurs enjeux à l’égard du social business et être mises en contact avec des entrepreneurs sociaux d’Ile-de-France.

Mais en faisant principalement la part belle à de grandes entreprises (JC Decaux, Free, Vinci…) engagées dans des partenariats encore émergents avec des entrepreneurs sociaux (Lulu dans ma rue, Deafi, Arès…), Valérie Pécresse a donné une connotation très particulière à sa présentation.En particulier, le fait qu’elle s’assume comme « présidente de Région pro-business » a été mal perçu par les acteurs de l’économie sociale et solidaire. Ceux-là se reconnaissent déjà mal dans l’entrepreneuriat social à la française. Et pas du tout dans le « social business » à l’anglo-saxonne, qui place à l’évidence les dynamiques commerciales avant l’impact social et territorial. Au mieux, la présidente de région a ajouté à la confusion existante. Au pire, elle a crispé les positions.