Président du FIR, le Forum pour l’Investissement Responsable 

Quelles sont les avancées les plus intéressantes de la loi Pacte ?

Il y a un signal très favorable en matière d’investissement responsable. A partir de 2020, par exemple, un produit d’investissement responsable, solidaire ou vert, sera systématiquement proposé à l’épargnant, en assurance-vie et en assurance-retraite. De ce point de vue, cela répond en partie au sujet que nous avons identifié : ces produits responsables existent mais ils ne sont quasiment jamais proposés. La loi Pacte est une belle étape pour faire progresser à la fois la responsabilité sociale des entreprises et la finance responsable. 

Quels sont vos regrets vis-à-vis de cette loi Pacte ?

Pour l’investissement socialement responsable, nous demandions une mécanique de placement financier par défaut. Concrètement, cela signifie que, lorsqu’un épargnant rencontre son conseiller clientèle, les placements qui lui sont proposés sont des supports de l’investissement socialement responsable, sauf demande contraire du client. Cette mécanique n’a pas été retenue. Nous regrettons également que, malgré de nombreux amendement pour favoriser l’investissement socialement responsable en épargne salariale, aucun n’ait été retenu. 

Comment allez-vous agir sur la suite du processus législatif ?

Nous allons poursuivre notre démarche de plaidoyer et proposer la mécanique de placement par défaut. Lors des assemblées générales d’actionnaires, nous souhaiterions aussi que cent actionnaires puissent proposer une résolution ciblée sur les questions de responsabilité sociale. Cela éviterait l’activisme actionnarial, tout en développant les pratiques responsables. La loi Pacte fait progresser la finance responsable, mais la politique publique ne peut s’y limiter. Il manque une feuille de route pour la place et pour les opérateurs publics comme la Caisse des Dépôts ou BPIFrance.

Propos recueillis par Juliette Loiseau

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