Chercheuse au Centre d’économie de la Sorbonne, Université de Paris I
Co-auteure de l’enquête “Le paysage associatif français – Mesures et évolutions”, 3e édition, 2019

Qu’implique la baisse des financements publics pour les associations ?

Depuis notre enquête de 2000, nous avions constaté que les financements publics augmentaient moins vite. Pour développer leurs projets, les associations ont été obligées de s’appuyer davantage sur des ressources privées. Mais, dans cette enquête 2018, nous observons pour la première fois une baisse en volume des financements publics. Face à cela, les associations ne sont pas à la recherche de financements alternatifs pour se développer, comme cela était le cas il y a quelques années, mais pour survivre, compte tenu de la baisse de ressources liée à la baisse des subventions publiques

Parviennent-elles à compenser cette diminution, et comment ? 

Il n’y a pas beaucoup de solutions pour les associations, elles se tournent donc vers le secteur privé. L’argent provient soit des dons, soit du mécénat, mais ces fonds représentent à peine 4% à 5% du total du financement du secteur associatif. L’autre possibilité est de se tourner vers les usagers pour se financer au travers des cotisations ou de la vente de certains services. Les ventes aux usagers représentent aujourd’hui 42% du financement total contre 32% en 2005, hors cotisations. Les services associatifs s’achètent de plus en plus. 

Quelles sont les conséquences pour le secteur associatif ? 

Nous assistons à l’émergence d’une dualité du secteur. D’un côté, les plus grosses associations mettent en place des politiques sociales, passent des contrats avec les collectivités publiques et vont aussi chercher des ressources privées. De l’autre côté, il y a un foisonnement de la vie associative locale, avec de petites associations qui s’appuient sur le bénévolat et les cotisations des usagers. Elles développent d’autres formes d’utilité sociale, ni vocation à grandir. Entre les deux, les associations de taille moyenne ne parviennent plus à obtenir les financements publics, et ont tendance à disparaitre. 

Propos recueillis par Juliette Loiseau

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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