Drôle de projet, mais quel talent ! Louise Katz, Nathanaël Simon et Fanny Armand ont fondé à Rennes une coopérative des plus innovantes : la Grenouille à Grande Bouche, qui associe à la fois un restaurant solidaire et un magazine qui nous parle de la société au travers de ce que nous mangeons. Mieux, c’est aussi un projet participatif, puisqu’à côté d’une équipe de professionnels, n’importe qui peut participer au projet en cuisine, en salle, ou à la rédaction. Et en sollicitant ses bénévoles, la coopérative réduit ses dépenses courantes, ce qui lui permet de redistribuer ses bénéfices à des associations rennaises. Solidaire, on vous dit !

Mais ce chouette projet coopératif a été doublement pénalisé par la crise sanitaire. Au premier confinement, La Grenouille à Grande Bouche venait d’ouvrir son restaurant, dans le quartier du Blosne, au sud de Rennes, en territoire classé “politique de la ville”. « Nous avons inauguré le restaurant le 5 février et le 16 mars nous avons été contraints de fermer, nous avons été extrêmement déçus parce qu’il y avait énormément d’engouement autour du restaurant », regrette Louise Katz. D’autre part, les ventes de la revue trimestrielle ont lourdement pâti de la fermeture totale des librairies, jugées non-essentielles.

« La force de la Grenouille à Grande Bouche, c’est le collectif »

« Notre situation financière est compliquée, reconnaît Louise Katz, ce qui est préoccupant, c’est notre capacité à redémarrer. Nous n’avons aucune visibilité sur l’ouverture ». Suite aux dernières annonces gouvernementales, le restaurant est évidemment fin prêt à repartir, et la coopérative bien décidée à rebondir. « Notre force, c’est le collectif : la Grenouille à Grande Bouche, c’est plus de 80 sociétaires, dont des partenaires très engagés à nos côtés, et une communauté de bénévoles et de clients qui sont à bloc avec nous ». Depuis un an, chaque fois que le restaurant a rouvert ses portes, la clientèle était présente. Le projet est désormais bien ancré dans son quartier. Et il bénéficie aussi de la bienveillance d’un milieu de la restauration extrêmement soudé à Rennes.

Pour redresser la barre, une campagne participative sur KissKissBankBank a été lancée, qui arrive à sa fin dimanche. En guise de contreparties, la coopérative propose ses prochaines revues en prévente, pour un prix inférieur au tarif habituel. Cette levée de fonds a dépassé son objectif de 25.000 euros, l’objectif étant à ce jour atteint à 170%. Mais tous les soutiens supplémentaires sont bienvenus pour assurer la pérennité de ce double projet coopératif. « Soutenir la revue, c’est soutenir le restaurant, et inversement », résume Louise Katz. Et c’est aussi soutenir le secteur associatif local, puisque l’ensemble des bénéfices sont redistribués à des associations rennaises.

Participez à la campagne, ça se passe ici !

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