3 questions à Glenn Guegan,
directeur technique de la banque “Compte CO2”
En quoi la banque Compte CO2 est-elle une banque pour le climat ? 

Certains hommes politiques y réfléchissent, mais la solution est déjà prête : Compte CO2 récompense les clients qui réduisent leurs émissions carbone, en les créditant d’une monnaie complémentaire que nous appelons le CO2. Une tonne de CO2 économisée, soit 1.000 pièces CO2, équivaut à 52,64 € versés sur le compte de nos clients. Cet argent peut être dépensé partout par carte bancaire : nous utilisons un réseau existant, celui de MasterCard, pour ne pas produire de CO2 supplémentaire. Mais nous avons bloqué les retraits d’argent aux distributeurs, car un paiement en espèces émet 22 grammes de CO2, contre 4 grammes pour un paiement dématérialisé par carte ou par internet.

De quelle façon vos clients utilisent-ils leur Compte CO2 ? 

Une partie des clients l’utilise pour gagner de l’argent, comme une sorte de prime énergie. Mais, peu à peu, nous arrivons à convaincre certains d’utiliser leur carte CO2 comme un moyen de paiement quotidien. D’autres ne parviennent pas à réduire leurs émissions de CO2, comme certains jeunes qui n’arrivent pas à changer de chauffage. Pour que chacun puisse participer à cette expérience bancaire vertueuse, nous leur permettons de déposer de l’argent sur un Compte CO2 et de recevoir en échange quelques pièces CO2 que nous possédons en stock.

Les consommateurs sont-ils prêts à changer leurs habitudes bancaires ? 

Compte CO2 existe depuis 2009, mais la notion de réduction de CO2 ou celle de conversion du CO2 en argent reste floue. Même le terme de néo-banque n’est compris que depuis 2 ans. Pourtant, les adhésions progressent constamment depuis le lancement de notre application mobile en avril 2018. Je dénombre une centaine d’ouverture de comptes par semaine et 18.000 personnes nous font confiance. Nous avons toutefois un gros travail de pédagogie à faire, car les gens ne font plus confiance au système bancaire. Quant à la monnaie, beaucoup n’ont même pas de définition claire à lui donner.


Propos recueillis par
Hélène Corbie

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