Décidément, pas facile d’être une multinationale. Fortement critiquée après l’invasion de l’Ukraine le 24 février pour s’être accrochée coûte que coûte à ses activités russes – jusque fin mars, TotalEnergies est aujourd’hui à nouveau sous le feu des critiques, à deux semaines de son assemblée générale du 25 mai prochain.

Car le conseil d’administration de TotalEnergies a rejeté, voilà quinze jours, une résolution externe de 11 actionnaires pesant 0,78% de son capital, qui portait sur la stratégie climat de TotalEnergies. Ce rejet va empêcher l’ensemble des actionnaires de se prononcer sur la stratégie climat du groupe lors de l’assemblée générale : “Il s’agit clairement d’un refus de démocratie actionnariale”, réagit Frédéric Vuillod, fondateur de Mediatico, sur la chaîne B Smart.

Et si l’AMF arbitrait des conflits ESG, comme aux Etats-Unis ?

Le Forum pour l’investissement responsable (FIR), qui fêtera ses 20 ans la semaine prochaine, demande à l’Autorité des marchés financiers (AMF) de se saisir de la question. Cette autorité régulatrice avait en effet encouragé l’an dernier à saisir de législateur, si nécessaire, pour faire respecter le droit des actionnaires sur les sujets liés à la stratégie environnemental, sociale et de gouvernance (ESG) des entreprises.

Mieux, le FIR invite l’AMF à publier son avis sur le cas TotalEnergies, donc à prendre position. Enfin, il demande au législateur d’autoriser l’AMF à arbitrer ce genre de situation à l’avenir, comme cela se pratique aux Etats-Unis.

Rift mobilise les épargnants contre le nouveau projet de TotalEnergies en Afrique

Par ailleurs, l’application mobile Rift, lancée par Lita.co, qui permet à tous les citoyens de tracer leur épargne et d’en connaître précisément le contenu, nous apprend que 15 à 20% des produits d’épargne en France financent les activités de Total. Or, Rift qualifie de “bombe climatique et sociale” le projet de pipeline EACOP, que Total va construire en Afrique.

Un projet industriel au coeur des métiers de TotalEnergies, qui consiste à construire le plus grand oléoduc chauffé au monde sur une distance de 1.500 km, qui va générer 34 millions de tonnes de CO2 par an et qui va exproprier 86.000 personnes de leur territoire pour forer 400 puits d’extraction, dont un-tiers seront forés dans le plus grand et plus vieux parc naturel d’Afrique !

Comme nous finançons presque tous TotalEnergies avec nos produits d’épargne et comme la plupart des banques françaises et européennes sont actionnaires du groupe pétrolier, l’invitation de Rift coule de source : signer la pétition de l’ONG 350.org contre le projet EACOP, qui demande aux banques de voter “contre” le plan climat de TotalEnergies lors de son assemblée générale du 25 mai.

InovaYa et Sailcoop, deux idées de placements utiles et responsables

En terminant son intervention sur B Smart, Frédéric Vuillod a cité deux exemples de placements utiles, responsables et cohérents avec la stratégie de lutte contre le réchauffement climatique, repérés sur la plateforme Lita.co :

  • InovaYa, une start-up for good qui développe depuis 2018 une technologie de traitement de l’eau à base de membrane filtrante, qui réduit drastiquement l’usage de produits chimiques, dans l’objectif de réduire la consommation en eau des villes et des industries, mais aussi pour rendre l’eau potable accessible à tous. InovaYa lève actuellement 2 millions d’euros, dont 500.000 euros en obligations convertibles par cette levée de fonds citoyenne sur Lita (en savoir plus) ;
  • Sailcoop, la première coopérative de transport de passagers en voiliers, qui réduit les émissions carbone et permet de voyager autrement, dans la veine du slow-tourisme qui se développe actuellement. Sailcoop existe depuis à peine 6 mois et compte acheter sa première flotte de voiliers d’occasion en mer Méditerranée, d’où cette première levée de fonds sur Lita à hauteur de 250.000€. Chacun peut devenir sociétaire de cette coopérative à partir de 100€ (en savoir plus).
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