« Pour des métropoles low-tech et solidaires ». Le Labo de l’ESS vient de présenter son nouveau rapport aux allures de manifeste pour des villes « plus simples, plus sobres et plus humaines ». Au cœur de l’étude, l’idée qu’une autre ville est possible et que des centaines d’initiatives dans les cités portent un modèle qui s’inscrit dans la transition écologique et sociale, comme nous l’évoquons régulièrement dans Mediatico.

Hugues Sibille, le président du Labo de l’ESS, résume ce qu’est une ville “low-tech”. « C’est une ville qui ne refuse pas la technologie mais qui essaie de l’utiliser autrement », explique-t-il. Le “low-tech” n’est pas un modèle anti-numérique, mais un modèle qui « utilise avec raison les technologies, avec des besoins plus proches de ce que veut la population », poursuit Hugues Sibille.

L’opposé du modèle “low-tech”, c’est celui des villes connectées et intelligentes, les fameuses “smart cities”. « Nous considérons que la technologie va tout régler dans les “smart cities”, mais elles sont davantage dans une logique de profit », pense le président du think-tank dédié à l’économie sociale et solidaire.

Habiter, se déplacer, consommer dans une ville low-tech

Huit collectivités locales, villes ou métropoles, se sont associées à ce rapport, dirigées par des écologistes ou des socialistes : Bordeaux, Lille, Lyon, Paris, Poitiers, Strasbourg… Au fil des pages, le rapport soulève trois grands axes de réflexions autour de l’habitat, du déplacement des personnes et de l’accès aux biens et services de consommation. Hugues Sibille s’appuie sur le dernier rapport du Giec et affirme : « On ne peut plus continuer comme avant, […] il faut inventer un nouveau modèle dans les villes, c’est pour cela que l’on parle de transition écologique ».

Dans ses conclusions, l’étude du Labo de l’ESS promeut quatre leviers pour le « changement d’échelle des initiatives low-tech portées par l’ESS et les villes et agglomérations » :

  • la co-construction « d’un plan d’action transversal pour la low-tech s’appuyant sur un diagnostic territorial partagé » ;
  • la sensibilisation à la low-tech ;
  • la multiplication « des lieux concrétisant la démarche low-tech dans l’espace urbain » ;
  • le développement des coopérations territoriales « pour créer de véritables écosystèmes urbains de la low-tech ».

Un rapport revendicatif qui vaut aussi coup de projecteur sur les centaines de possibilités qui permettent aux villes d’être “low-tech”. « La transition vers ce nouveau modèle urbain ne se fera pas en un jour », conclut le Labo de l’ESS, qui invite à se poser des questions et à débattre. Et Hugues Sibille de s’interroger : « Pour être heureux, doit-on forcément se faire livrer une pizza par drone ? Nous pensons que non ». Et vous ?

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