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Après dix-huit mois de Covid, comment vont nos associations ? Jusqu’ici tout va bien. Pas de faillites associatives en cascade. Pas de drame humanitaire aux portes de nos villes relayé sur les chaînes d’info. Pas de nouvelles zones à défendre (ZAD) ou de manifestations violentes, dont le fondement serait le délitement du lien social. Pour le moment. Mais le tissu associatif français ressort très affecté de cette période de pandémie, nous dit la dernière étude du Mouvement Associatif, menée en partenariat avec le RNMA et Recherches & Solidarités.

Loisirs, culture, sport, tourisme social, restauration solidaire, éducation populaire, défense des droits… Près de 10.000 associations ont participé à cette enquête et les effets de la crise sont naturellement différents selon les secteurs. Mais tous sont affectés. Les trois quarts des associations ont dû repenser leur fonctionnement. Et 40% étaient encore quasiment à l’arrêt en avril 2021, lorsque se terminait la phase d’enquête. 

Globalement, leur moral n’est pas bon : 70% des dirigeants associatifs disent que la situation est inquiétante. Plus de la moitié ont perdu des adhérents, ce qui implique à la fois une baisse des cotisations (54% des associations) et une baisse des revenus d’activités (40% des associations). A présent, leur premier enjeu est donc de renouer le lien avec les adhérents, qui sont le ciment de leur existence. Mais le deuxième enjeu n’est pas moins important : remobiliser les bénévoles. Car après une année de peur du virus, de fermeture des locaux et d’arrêt des activités, 61% des associations ont perdu le contact avec une partie de leurs bénévoles. Vous êtes sympathisant associatif ? Vous aussi, renouez vite le lien !

Au plan économique enfin, 76% des associations se déclarent impactées par la crise. Certes généreuses, les aides publiques, sous forme de chômage partiel, de fonds de solidarité ou d’aides sectorielles, n’ont pas suffi à compenser l’arrêt des activités, ni la hausse de certains coûts de fonctionnement imposée par la crise sanitaire. 14% des associations ont même perdu des financements, qu’il s’agisse de subventions publiques ou de mécénat privé. Au bout du compte, 56% des associations françaises ont terminé 2020 en déficit. Et 4% n’excluent plus à ce jour un dépôt de bilan : sur l’échantillon de 10.000 répondants, cela représente pas moins de 400 associations menacées de mort. 

Extrapolé à l’échelle nationale, ces 4% représentent 50.000 associations en sursis, sur un total de 1,3 million. Pour mémoire, l’étude INJEP-MEDES de 2019 estimait que 36.000 associations étaient supprimées en moyenne chaque année. Avec la crise du Covid, le nombre d’associations au bord du dépôt de bilan est donc supérieur de 40% à celui d’une année normale. Tant saluées pour avoir été en première ligne durant la crise, les associations en sont aussi les principales victimes. Mais elles sont des victimes trop souvent silencieuses.

Dès lors, comment s’étonner des revendications du Mouvement Associatif avant les élections régionales, comme dans ce débat en Auvergne-Rhône-Alpes animé par Mediatico, où nous avons poussé les candidats à se positionner sur le plaidoyer régional ? Comment ne pas entendre la forte inquiétude face à l’absence de sécurisation financière des associations, face aux besoins de numérisation, face à l’indispensable communication nationale qui remettrait en route la dynamique collective au cœur de la vie associative ? 

Dans son portrait vidéo réalisé par Mediatico, Claire Thoury, nouvelle présidente du Mouvement Associatif national, le regrette : « Nous fêterons le 1er juillet les 120 ans de la loi de 1901 sur la liberté d’association. Mais nous n’avons toujours pas de politique transversale de la vie associative ». 


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