Vous savez quoi ? Ce matin, je suis devenu ambassadeur ! Oui, la dernière newsletter de l’Ademe sur « le numérique responsable » m’apprend que les Français possèdent en moyenne 15 objets connectés chacun, soit deux fois plus que la moyenne mondiale. Mais que seuls 22% d’entre eux rapportent leurs vieux appareils numériques en bornes de recyclage. En matière de sobriété numérique, il y a urgence. Et l’Ademe m’invite donc, personnellement, à sensibiliser famille, amis et collègues de travail… à réduire l’impact de nos équipements électroniques sur l’environnement. Bref à devenir « ambassadeur ». Chiche ! A bien y réfléchir, je pense l’être depuis la création de Mediatico voilà huit ans. Mais cela fait toujours plaisir de s’autoproclamer ambassadeur un 1er février. Il n’y a pas de petites joies.

Ainsi donc, à l’heure où la campagne présidentielle se préoccupe si peu des enjeux de long terme, de la santé de la planète, de la transition vers une société écologique et solidaire, les Français sont de plus en plus engagés pour le climat, nous dit l’Ademe. Voilà qui tombe à pic. Ce matin, près de 1.400 chercheurs, appartenant au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) ou au Haut Conseil pour le climat, signent ensemble une tribune portant sur le climat et la biodiversité dans la campagne présidentielle, dont ils regrettent l’absence totale dans le débat public.

Les Français étant aussi des électeurs, et si l’on traduisait ces études d’opinion en intentions de vote ? Selon l’Ademe, 81% des Français souhaitent que l’État consacre les mêmes moyens financiers à la lutte contre le réchauffement climatique que contre le Covid-19. De même, 58% considèrent qu’il faut changer nos modes de vie face au réchauffement climatique, car le progrès technique n’y suffira pas. Et 69% veulent que l’État favorise les activités économiques préservant l’environnement et la cohésion sociale, tout en pénalisant les activités nuisibles !

Réorienter l’économie, voilà la belle affaire. En France, comme en Europe ! L’euro-député Pascal Canfin, qui préside la puissante Commission Environnement du Parlement européen, a pris l’initiative la semaine dernière, en invitant vingt grands patrons européens – comme Antoine Frérot (Veolia) ou Catherine MacGregor (Engie) – à écrire à la Commission de Bruxelles. Objectif : « verdir » la rémunération variable des hauts cadres dirigeants des grandes entreprises. Autrement dit, conditionner leurs bonus annuels colossaux à la réalisation d’objectifs environnementaux fixés par… leur propre entreprise !

Pourquoi donc saisir le politique quand les entreprises pourraient s’autoréguler ? Parce que l’autorégulation ne marche pas dans le capitalisme, avouent-ils d’eux-mêmes. Selon le journal Les Echos, ces dirigeants attendent une règle européenne pour « sortir des injonctions parfois contradictoires entre la performance financière et la performance environnementale ». La Commission s’apprêtant à réviser le 15 février la directive sur les devoirs des dirigeants, dans le cadre d’un travail législatif plus large sur la gouvernance d’entreprise durable, Pascal Canfin estime qu’il faut saisir maintenant l’opportunité de cette directive : « Elle ne se représentera pas de sitôt », alertent les signataires de la lettre.

Parmi ces signataires justement, figurent le mouvement Impact France, qui regroupe les dirigeants des entreprises à impact et qui entend construire « le Medef de demain », ou encore B Lab Europe, qui accorde une certification exigeante aux entreprises engagées en matière de responsabilité sociale et environnementale. Nous aurons l’occasion d’en reparler ici, puisque Mediatico recevra bientôt la co-présidente du Mouvement Impact France, Eva Sadoun, ainsi que le président de l’Union des employeurs de l’économie sociale (UDES), Hugues Vidor, le 25 février prochain.

Nous les avons en effet invités dans notre nouvelle émission « Ess On Air », le talk-show de Mediatico qui donne à entendre ce que les entrepreneurs sociaux ont à dire dans cette campagne présidentielle ! Quinze jours plus tôt, dans « Ess On Air » du 11/02, nous recevrons aussi Eric Forti, président de la Cress Ile-de-France, et Fatima Bellaredj, déléguée générale de la CG Scop, qui viendront également porter leur plaidoyer en vue de de l’élection présidentielle. Alors, on se donne rendez-vous ?

En attendant, j’ai un rôle d’ambassadeur à tenir. Alors voici quelques conseils pour réduire votre empreinte numérique : à la maison, au bureau, lorsque vos appareils sont trop vieux et qu’il convient de donner une seconde vie à vos matériels numériques, ou encore avant d’en acquérir de nouveaux puisqu’il convient aussi d’adopter de bons réflexes à l’achat. Merci l’Ademe !

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