Des militants anti-nucléaire et anti-greenwashing expulsés manu militari par une vingtaine de policiers en civil : telle est la scène à laquelle ont pu assister les visiteurs, au premier jour d’ouverture du Grand Palais, l’autre espace-clé de la COP21, après Le Bourget où se rassemblent les négociateurs. Destinée à présenter au grand public les solutions des entreprises pour lutter contre le dérèglement climatique, l’opération du Grand Palais est l’objet de critiques dès l’origine, car soupçonnée d’encourager le greenwashing des entreprises… ou du moins de certaines d’entre elles.

 

Cette action policière soulève des questions de nature profondément démocratique. Sous couvert de protection des populations civiles, l’Etat d’urgence peut-il à ce point servir à museler la contestation ? Peut-on confondre activistes et terroristes sans sourciller ? Dans ce cas, comment garantir demain un dialogue constructif entre secteur public, secteur privé et ONG, sur les questions qui concernent la planète ?

 

Enfin, quelle liberté de parole pour les journalistes, sachant que deux d’entre eux se sont faits expulser avec les militants écologistes. “Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés ils deviennent des sujets”, disait le sociologue Alfred Sauvy. Il serait bon de ne jamais l’oublier.

 

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