Par Frédéric VUILLOD,
Fondateur de MEDIATICO
(www.mediatico.fr)

En lançant, hier, les premiers États généraux de l’économie circulaire du Grand Paris, la maire de la capitale, Anne Hidalgo, s’attendait peut-être à faire salle comble à l’Hôtel de Ville – pari réussi – mais sans doute pas à réveiller un débat sémantique.

 

Le public l’a rapidement posé ainsi : « L’économie circulaire englobe-t-elle l’économie sociale et solidaire, ou est-ce plutôt l’inverse ? ». Plutôt l’œuf, ou la poule ? Pour les intervenants surpris, difficile de répondre à chaud. Sauf à invoquer l’inutilité des querelles de définitions. Pourtant, la question est pertinente. Non seulement parce qu’une interrogation citoyenne appelle légitimement une réponse, mais aussi parce que cette question-là témoigne d’un réel appétit pour mieux comprendre les modèles économiques émergents et leurs enjeux.

 

En réalité, l’économie sociale et solidaire ne saurait englober l’économie circulaire. En effet, l’ESS est une famille d’acteurs composée d’associations, de coopératives, de mutuelles et de fondations, qui sont presque intégralement tournées vers des activités de services : aux usagers, aux habitants, aux collectivités… Et pas forcément soucieuses des questions environnementales.

 

A l’inverse, l’économie circulaire est un processus orienté clairement vers l’industrie et ses méthodes de fabrication : les produits étaient jetables hier, ils seront réutilisables demain. On parlait jadis d’écologie industrielle et de recyclage. On parle désormais de réemploi, d’éco-conception, de déchet transformé en nouvelle matière première, donc d’économie circulaire. Sans nécessairement faire de l’impact social une priorité.

 



Difficile d’inclure une famille d’acteurs (l’économie sociale et solidaire) dans une méthode de fabrication (l’économie circulaire). Ou de faire l’inverse. Tout comme additionner des choux et des carottes. En revanche, les points de convergence sont nombreux.

 

Plutôt sœurs jumelles que poupées russes, l’économie sociale et solidaire et l’économie circulaire se retrouvent en effet sur les valeurs. Notamment celles de la solidarité et de l’impact sociétal. Mais aussi sur leur ancrage territorial, sur la création d’emplois, parfois même sur la gouvernance démocratique. En tout état de cause, sur la valeur ajoutée de leur modèle économique innovant.

 

Alors foin des définitions. L’important est de permettre aux acteurs économiques de travailler dans la même direction, quels que soient les outils qu’ils choisissent pour construire notre avenir.

 

Frédéric VUILLOD, pour MEDIATICO.