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Et si l’on rafraîchissait les acronymes ? Et si RSE signifiait désormais « Redonner du Sens à l’Entreprise » ? C’est tout de même plus motivant que la vieille « responsabilité sociétale de l’entreprise », non ? Tantôt verdie à outrance, à grands coups de green washing depuis la loi NRE de 2001, qui impose aux entreprises cotées en bourse de nous informer sur les conséquences environnementales de leurs activités. Et tantôt blanchie jusqu’à l’os, devant l’immense fadeur des engagements sociaux de certaines grandes entreprises. Car soyons clairs : l’engagement sociétal de l’entreprise ne se résume pas au bien-être de ses salariés, fût-il indispensable. Et l’on ne révolutionne pas l’entreprise avec un babyfoot aux couleurs de Google dans la salle de repos. Nous devons assurément être plus ambitieux !

Dix-huit mois après la promulgation de la loi Pacte de 2019, qui visait à encourager la croissance et la transformation des entreprises – d’aucuns espéraient même l’émergence d’un nouveau capitalisme – un comité d’évaluation a publié le mois dernier son premier rapport, sous l’égide de l’organisme public France Stratégie : « L’émergence de plusieurs dizaines de sociétés à mission est à noter, ainsi que le développement de « raisons d’être » autour d’enjeux sociaux et environnementaux », souligne-t-il. En effet, une soixantaine d’entreprises ont à présent défini leur « raison d’être », interrogeant leur responsabilité de producteur de biens ou de services, à l’aune à la fois des enjeux sociétaux et de leurs objectifs de performance économique. Ainsi en est-il de BNP Paribas, SNCF, Veolia, Atos, ou encore des jeans 1083 made in France…

Plus exigeantes, donc plus intéressantes, une vingtaine d’entreprises a même inscrit une « mission » dans ses statuts, qui surpasse ses objectifs de rentabilité… avec l’assentiment des actionnaires ! Et qui impose la mise en place d’indicateurs pour évaluer la bonne réalisation de cette mission, vérifiés par des tiers indépendants. Un cheminement courageux, qui lentement fait école : la Camif dans le e-commerce, la Maif dans l’assurance, Le Slip Français dans le textile, Yves Rocher dans les cosmétiques, Sidièse dans la publicité, Sycomore AM dans la finance responsable… « Nous souhaitons être exemplaire vis-à-vis des entreprises dans lesquelles nous investissons, c’est un gage de cohérence et de crédibilité », plaide Christine Kolb, associée fondatrice de Sycomore AM.

« Devenir une entreprise engagée est un acte politique, mais qui participe à notre rentabilité, répond en écho Pascal Demurger, directeur général du Groupe Maif : « Nos résultats ont été multipliés par quinze en dix ans et le turn over [des salariés] est de moins de 3%, contre 15% dans le secteur de l’assurance ». Emery Jacquillat, président de la Camif, poursuit : « Nous sommes convaincus que ce nouveau modèle d’entreprise contributrice, qui s’engage pour une économie plus durable, plus locale, plus inclusive et circulaire, est le changement dont le capitalisme a besoin ». Quant à la Secrétaire d’Etat à l’Économie sociale, solidaire et responsable, Olivia Grégoire, elle renchérit : « Désormais, pour une entreprise, il ne s’agit plus d’être rentable pour devenir durable, mais d’être durable pour devenir rentable », affirme-t-elle, évoquant jusqu’au « sens de l’histoire ». Même au gouvernement, désormais, les entreprises à mission ont un soutien de poids !

Mediatico et Prophil lancent donc cette semaine le podcast « Entreprises en Mission ». Après la fin des Grands Voisins, Mediatico, le média qui redonne du sens à l’économie, a en effet rejoint les locaux de la société de conseil Prophil, spécialisée dans les entreprises à mission et les fondations actionnaires. Une complémentarité évidente sur le fond, qui donne naissance à un partenariat éditorial que nous souhaitons riche, profond et éclairant pour nos lecteurs. Vous retrouverez donc très vite sur les plateformes de podcast audio, ainsi que parmi les portraits vidéo de Mediatico.fr, les témoignages de Virginie Seghers (Prophil, enregistrée avant même l’idée de ce partenariat), Emery Jacquillat (Camif), Pierre Dubuc (OpenClassrooms), Géraldine Hatchuel (Choregraphy), ou encore Pascal Demurger (Maif), autant de dirigeants d’entreprises à mission qui souhaitent partager leur vision de l’entreprise et de l’économie, à mille lieues des schémas économiques traditionnels.

Dans ce podcast, ils nous disent à quel point ils se sentent « En mission », ils racontent l’origine de leur engagement, parlent des conséquences opérationnelles de leur transformation pour leur entreprise, pour leurs collaborateurs, pour leur rentabilité. Ils partagent avec nous leurs convictions les plus fortes, en espérant convaincre bien sûr demain d’autres dirigeants. Nul doute qu’ils sauront vous inspirer. Que vous voudrez les rejoindre. Ou bien les imiter. Ne ratez pas le premier épisode, c’est demain !


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