Croyez-vous que l’humanité puisse devenir « neutre » en émission carbone d’ici 2050 ? L’injonction semble insurmontable. Mais elle est inévitable : c’est une question de conscience et de survie, assènent les experts du GIEC. Une nouvelle fois, depuis trente ans. Oui, il est urgent d’agir, disent-ils. Car il est encore temps de ne pas… aggraver les choses. Mais à qui s’adresse cette injonction ?

Le GIEC s’adresse-t-il à vous et moi, qui tentons de faire notre part ? Aux ONG comme CCFD-Terre Solidaire, qui bat le rappel pour un nouveau paradigme, ou comme le WWF, qui appelle à un big bang écologique ? Aux gouvernants, qui n’ont pas traduit en décisions politiques l’Accord de Paris signé lors de la COP21 ? Le GIEC leur livre un chiffre : limiter la hausse des températures à 1,5°C coûtera 2.400 milliards de dollars d’investissements par an, pour transformer les systèmes énergétiques de la planète. Ne rien faire coûtera plus cher encore.

Saviez-vous que 100 entreprises spécialisées dans l’extraction d’énergies fossiles sont responsables de 70 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde depuis 1988 ? Cette conclusion du Carbon Disclosure Project fait froid dans le dos. Sans parler de nos systèmes de transport, de la construction de logements, de la surproduction agro-alimentaire, du tourisme destructeur, d’un système de grande consommation frénétique…

Pourtant, c’est pour notre plaisir que les entreprises poussent à l’extrême ce modèle de croissance non-soutenable, qui fait notre confort quotidien. Prenons-en conscience, pour mieux le refuser. Les gouvernants n’ont pas la force d’imposer les règles indispensables à notre survie ? Forçons la main aux entreprises.

Boycottons les entreprises qui refusent de s’adapter parce qu’elles ne réfléchissent qu’à court terme. Privilégions celles qui s’engagent pour le bien commun sur le long terme. Jadis, les pacifistes refusaient le service militaire en devant objecteurs de conscience. A notre tour, devenons aujourd’hui « objecteurs de conscience climatique ».

Alors, d’accord ou pas d’accord ?
Réagissez à mon édito dans notre groupe Facebook (ou sinon, sous ce post).

Et pour lire notre édito chaque semaine, inscrivez-vous à notre newsletter