Populisme, nationalisme, défaitisme. L’Europe est en plein doute… et cette fois, moi aussi. Pour qui voterai-je dimanche, aux élections européennes ? Assurément, ni pour un homme, ni pour une femme, fussent-ils ceux qui crient le plus fort : le projet européen n’est pas une affaire de personne, mais une affaire de vision et d’ambition. Or à cette aune, avouons-le : il est difficile de se sentir transporté par un programme quelconque, à six jours du scrutin. Et pour cause : avons-nous reçu les programmes des candidats dans nos boîtes aux lettres, pour les comparer et nous faire une opinion ? Toujours pas. De fait, le ministère de l’Intérieur nous prive d’un préalable indispensable à l’exercice de la citoyenneté : bien informer, pour choisir en conscience. Et cela me met très en colère.

Informer, c’est aussi le rôle d’un média : Mediatico va donc essayer de vous aider à y voir clair. Tout d’abord, pourquoi voter ? Parce que 20% des lois françaises sont d’origine européenne (et non pas 80%, comme le disent les populistes). Convenons-en : il serait aberrant de fermer les yeux sur 20% de notre législation. Mais, ce chiffre est une moyenne. Il grimpe à 40% pour les lois liées à l’environnement, à l’agriculture, à la pêche, à la finance. Autrement dit, à des sujets traités de longue date chez Mediatico, qui sont essentiels pour l’avenir de l’humanité, pour l’alimentation saine et durable, pour le financement de la transition de nos sociétés. Mais ce pourcentage tombe très bas dans d’autres domaines : l’éducation, le logement, la protection sociale. Ceci n’est pas normal, quand les citoyens européens réclament une Europe sociale protectrice et garante d’un avenir meilleur pour chacun. Pour progresser, il faut donc voter.

La vraie question n’est pas « voter pour qui », mais « voter pour quelle vision ». Chez Mediatico, nous montrons chaque jour notre engagement pour une société ouverte, solidaire, équitable, humaniste, inclusive et confiante en elle-même. Nous voulons que devienne réelle et universelle la devise « Liberté Égalité Fraternité » accrochée aux frontons de no écoles, dont chaque État européen deviendrait demain le garant. Nous n’oublions pas que l’Europe est un chemin de progrès, qu’elle s’est construite sur une vision de paix. Et nous savons que les défis du XXIème siècle sont légion : climat, travail, pouvoir d’achat, innovation, transition numérique, écologique, économique, financière… et tant d’autres encore.

Mais nous voyons aussi que le changement est à l’œuvre. Que ses acteurs sont engagés en masse pour l’économie circulaire, pour l’économie sociale et solidaire, pour la finance responsable, pour l’engagement sociétal des entreprises et des acteurs publics. C’est à cette Europe-là que nous devons contribuer. Celle d’une économie circulaire européenne compétitive. Celle d’un « Erasmus de l’ESS » pour promouvoir les ponts entre les entrepreneurs sociaux européens, comme le propose le Labo de l’ESS. Celle d’un financement plus important du 2e pilier de la PAC, parce qu’il assure le développement rural et donc une transition écologique de meilleure qualité. Celle d’une finance responsable qui rendra compte aux citoyens de l’effet de ses investissements à court et à long terme. L’horizon est fixé. Il reste donc à savoir pour quelle liste voter. A cet égard, la plateforme WeEuropeans lancée par Make.org et Civico devrait nous y aider.