Partagez cet article

Oui, la crise sanitaire perturbe même le marché de l’électricité ! D’un côté, les entreprises à l’arrêt ne consomment plus d’énergie. De l’autre, les ménages confinés à la maison font tourner plus que d’habitude le compteur électrique. Et comme l’augmentation de la consommation des particuliers ne compense pas en volume la baisse constatée chez les professionnels, tous les repères sont chamboulés !

« Cette crise n’est pas anodine, elle aura des conséquences sur la durée« , estime Fanélie Carrey-Conte, secrétaire générale du fournisseur d’électricité renouvelable Enercoop. En tant que coopérative, Enercoop a certes travaillé depuis plusieurs années sur la résilience de son modèle économique. « Nous sommes le mieux armés possible, assure Fanélie Carrey-Conte. « Mais nous allons être impactés, tout comme l’ensemble du secteur« .

Les nouvelles productions d’énergie locale reportées à plus tard

Premier impact, l’ensemble des 200 salariés du groupe est en télétravail sur tout le territoire. C’est la première fois que cela arrive. Une gageure pour l’encadrement, car « le télétravail n’est pas équivalent au travail tout court« . Un accompagnement des salariés est nécessaire, préserver des point d’équipe est essentiel, prévenir le stress aussi, tout comme assurer la continuité du service client.

Deuxième impact, le ralentissement des dynamiques commerciales. Actuellement, aucune souscription de nouveaux contrats n’est enregistrée. Heureusement la trésorerie est suffisante pour quelques mois. Mais la chaîne de production s’en ressent également, notamment sur les nouveaux chantiers d’énergie renouvelable. Explication : Enercoop est un réseau de coopératives locales qui accompagnent de nouveaux projets de production d’énergie, dans le solaire, la biomasse ou l’éolien par exemple. Aujourd’hui, ces projets locaux sont à l’arrêt. Les perspectives de nouvelles productions d’énergie locale sont donc reportées à plus tard.

Crise sanitaire, crise économique, puis crise pétrolière

« Mais le plus marquant, c’est de voir à quel point notre système énergétique mondial est dépendant du pétrole« , poursuit-elle. Elle explique ainsi comment la crise sanitaire a généré une crise économique, qui a déclenché une crise pétrolière… qui elle-même renforce la crise économique ! « Cette crise renforce notre détermination à faire la transition énergétique« , assure Fanélie Carrey-Conte.

En attendant, Enercoop croit plus que jamais en sa capacité de résilience. D’abord, parce que son modèle économique construit sur le long terme n’implique pas une recherche de profit à court terme, mais la réalisation de l’objet social. « Ca fait une différence importante », assure Fanélie Carrey-Conte. Ensuite, parce qu’une coopérative est avant tout une communauté de sociétaires, qui portent ensemble le projet de coopérative. A l’heure des décisions, le bon sens commun l’emporte nécessairement.

« Les modèles d’entreprises que nous portons font partie de la solution« 

Enfin, parce que les entreprises de l’économie sociale et solidaire se construisent à rebours des dysfonctionnements actuels de l’économie, tels que la priorité de la finance sur les individus ou la dégradation de l’environnement par le capitalisme. Or, « les modèles d’entreprises que nous portons font partie de la solution« , assure la secrétaire générale d’Enercoop, les coopérations et la solidarité sont plus que jamais nos boussoles« .

L’après, pour Enercoop, passe par le renforcement de ses partenariats. Avec les structures de l’économie sociale et solidaire en général, et avec les coopératives en particulier : Mobicoop sur la mobilité, Bioccoop dans l’alimentation, Coopaname sur le travail… Impossible de toutes les citer. Mais fanélie Carrey-Conte en est convaincue : « Nous avons vocation à renforcer cet écosystème coopératif, à faire travailler ensemble ces entreprises qui portent en elles un autre modèle de société. Nous pouvons agir encore davantage pour construire cet autre monde plus juste, plus solidaire, plus respectueux de l’environnement. C’est un motif d’espérance et de mobilisation« .


Partagez cet article