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Bienveillance, complémentarité et prise de hauteur : c’est la force des projets d’entrepreneurs porté à plusieurs. Grégoire Bleu, co-fondateur de « Upcycle – La Boîte à Champignons » avec Arnaud Ulrich, nous raconte les premiers jours du confinement dans cette entreprise de l’économie circulaire, mais aussi le coaching mutuel des deux co-fondateurs, ainsi que les conséquences économiques de cette crise pour leur activité.

Il a fallu d’abord accepter le choc du confinement. Pas facile : une semaine pour digérer. Puis, un discours simple adressé aux équipes : « Ceux qui ont besoin de s’arrêter de travailler peuvent le faire« . Ca va toujours mieux en le disant. Souvent, les start-ups ont besoin de déborder d’énergie, mais parfois la famille est plus importante que le travail. Mais encore faut-il pouvoir assumer financièrement un arrêt du travail. Chez Upcycle, « nous avons considéré que plus votre salaire était bas, moins il fallait être au chômage technique« .

Montrer que l’entreprise fonctionne est important

Cependant, montrer que l’entreprise fonctionne est important, tant pour les salariés que pour les clients ou les partenaires. Ainsi, dans les Yvelines, « notre ferme récupère toujours du marc de café pour faire pousser des pleurotes et les livrer à la grande distribution, qui les revend ensuite aux particuliers« , raconte Grégoire Bleu. Les livraisons aux chefs cuisiniers sont bien sûr interrompues, puisque les restaurants sont fermés. Mais 50% de l’activité de livraison de champignons perdure malgré la crise.

Quant aux deux autres activités d’Upcycle, elles se portent plutôt bien. « Avec nos composteurs de quartier, on devait péter tous les scores en 2020 quand un virus est venu gripper la machine, mais on a continué de signer des contrats« , sourit Grégoire Bleu. Quant à l’activité de conseil sur la gestion des déchets lancée voilà juste un an, elle aurait dû s’interrompre avec la crise. Mais là aussi, plusieurs contrats ont été signés. Non plus avec des entreprises privées, mais avec des collectivités qui ont pour elles le temps long et donc plus de marges de manoeuvre.

« Il ne faut pas faire la tortue, mais se préparer à d’autres crises et proposer des solutions »

Pas d’inquiétude non plus du côté de la trésorerie : après une bonne année 2019, Upcycle vient de lever 2 millions d’euros début 2020. Le niveau des fonds propres est donc suffisamment élevé pour traverser la tempête. « Mais cette levée de fonds, c’était pour développer l’entreprise, pas pour cramer du cash« , souligne Grégoire Bleu. Du coup, l’enjeu n’est pas de tenir en 2020, mais d’anticiper – déjà – l’année 2021. Quel luxe !

Avec Grégoire Bleu, aborder l’après, c’est questionner notre condition humaine et notre impact sur la planète. « C’est schizophrénique« , résume-t-il. D’un côté, Upcycle prône la responsabilité de chacun dans la production et la gestion des déchets et, plus largement, dans l’ensemble de nos actions. A cette aune-là, « ce genre de drame est peut-être salvateur, estime Grégoire Bleu, mais en même temps, on ne peut pas s’empêcher d’être inquiet des drames sociaux qui en découlent« . Cela dit, « nous allons vers ce genre de problèmes, nous le savons tous, poursuit-il, « le sujet, c’est de s’y préparer, pas de faire la tortue. Et de faire de notre entreprise un acteur qui trouve des solutions« .


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