Comme les boîtes à livres permettent de s’échanger de la littérature, les “Frigos solidaires” permettent de s’échanger de la nourriture. Une utilité indéniable à l’heure du pouvoir d’achat en berne et de l’anti-gaspillage ! Sur le modèle d’expériences similaires observées à Londres ou à Berlin, Dounia Mebtoul a eu l’idée de créer son tout premier frigo solidaire à Montmartre en 2017, dans le restaurant qu’elle avait ouvert avec sa mère, “La Cantine du 18”. « Logique, pense-t-elle, notamment parce que notre restaurant était un lieux familial et accessible ».

Depuis, est née l’association “Les Frigos Solidaires“, que préside Dounia Mebtoul et qui revendique aujourd’hui l’installation de plus de 90 frigos solidaires dans toutes la France. Le principe est simple : l’association installe des réfrigérateurs sur la devanture d’un commerce, d’un restaurant, ou au sein d’une université. Le “Frigo solidaire” est accessible aux commerçants et aux habitants du quartier qui peuvent poser leurs denrées non consommées, ce qui participe à « lutter contre le gaspillage alimentaire et à aider les plus démunis », explique la fondatrice.

1.500 euros et 1.700 bénéficiaires par jour

Hygiène, ergonomie, design, coût d’installation… Chaque frigo solidaire coûte 1.500 euros. Les différents réfrigérateurs installés sur le territoire sont le plus souvent financés par des collectivités publiques, plus particulièrement des mairies sous forme de subvention. Mais leur financement provient parfois aussi de dons de particuliers, ou encore du mécénat d’entreprises. Aujourd’hui, l’association compte une quinzaine de ces réfrigérateurs à Paris, une douzaine à Lille, d’autres à Dijon, Nantes, Grenoble…

Surtout, l’impact de chaque frigo solidaire est significatif. Le maillage national de l’ensemble des “Frigos solidaires” bénéficie à 1.700 personnes par jour, « cela représente 280 kilogrammes évités de nourriture gaspillée », assure Dounia Mebtoul. Mais cet impact positif va bien au-delà des chiffres : les frigos solidaires créent « du lien social, de l’entraide locale et animent le mouvement anti-gaspillage », sourit-elle. Son souhait le plus cher : que ces réfrigérateurs de la solidarité se multiplient partout en France.

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