Financer les organismes de microfinance, qui financent des micro-entrepreneurs : ce soutien indirect aux initiatives locales dans les pays du Sud est un objectif essentiel pour la coopérative néerlandaise Oikocrédit. Explication : les circuits de financement aux micro-entrepreneurs sont aujourd’hui identifiés, ceux qui alimentent l’investissement des PME également. Mais, entre les deux, difficile de financer ou de refinancer les établissements de taille somme toute modeste qui financent les micro-entrepreneurs. Entre microfinance et finance classique, la « mésofinance » a ainsi trouvé sa place.

 

Bénévole pour Oikocrédit France, Florent Besnard est notamment chargé de recruter de nouveaux sociétaires. Interviewé lors du dernier Forum Convergences, à Paris, il tente sa chance : « Vous avez des économies sur un Livret A ? Placez-les chez Oikocrédit et devenez sociétaire : vous recevrez non seulement 2% de rendement financier par an, mais votre placement financier aura un impact social véritable et vous saurez précisément à quel projet va votre argent« .

 

Aider des agriculteurs locaux ou des groupes de femmes qui se prennent en main, l’argument fait souvent mouche. Née en 1975 à la faveur des interrogations sur la moralité des investissements financiers de l’Eglise, Oikocrédit compte aujourd’hui parmi ses investisseurs près de 600 Églises et congrégations religieuses en Europe, mais aussi plus de 30.000 particuliers, ainsi que 54 banques, organisations et fondations dédiées au développement des pays du Sud. Surtout, elle investit 650 millions d’euros par an dans près de 600 institutions de microfinance en Afrique, en Asie, en Amérique latine et en Europe centrale et orientale.

 

Comptant, selon la Banque Mondiale, parmi les tout premiers opérateurs privés qui financent les organismes de microfinance, Oikocrédit accorde ainsi des prêts moyens de 1 million d’euros par organisme, en vue de financer des entreprises sociales locales. Au bout de la chaîne, pas moins de 46.000 emplois ont ainsi été créés ou préservés, en 2013, par les entreprises sociales financées indirectement par Oikocrédit. Avec un impact positif indéniable sur leurs familles et sur des villages entiers. Au Pérou, par exemple, le simple financement d’une usine de transformation pour la coopérative Manduvira, productrice de canne à sucre équitable, a eu un impact positif sur la vie quotidienne de 25 000 personnes. 

 

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