Abeille, Pêche, Miel, Cep… ce n’est pas une liste d’ingrédients pour une recette de cuisine, mais le nom de monnaies complémentaires ! Il existe aujourd’hui en France une quarantaine de ces monnaies locales et près d’une trentaine sont en cours de création. Ces moyens de paiement sont mis en circulation, en complément de la monnaie nationale. Elles sont émises et gérées par les citoyens eux-mêmes, au sein d’associations.

Nous venons de créer la fédération REVES (Réseau pour une Économie Volontaire Éthique et Solidaire, ndlr), qui regroupe la Pêche qui circule depuis 2014 et Mopa, la Monnaie pour Paris”, explique Aleksi Leskinen, chargé de mission chez Coreum et bénévole pour Mopa. Cette fédération entend faire circuler au nord-est au sud-ouest de la capitale la  Mopa, en cours de création. Mais… à quoi bon ce déploiement d’énergie ? “Une monnaie locale complémentaire vise à stimuler l’économie sociale et solidaire au travers d’un réseau de commerçants partenaires”, poursuit Aleksi Leskinen. Cela leur permet donc de stimuler leur chiffre d’affaires par des échanges locaux. Mais ces commerçants « doivent répondre à des critères d’agrément définis par les citoyens, réunis dans une association de la monnaie locale complémentaire ». En général, il s’agit de critères environnementaux et sociaux. Ainsi, une monnaie locale complémentaire circule sur un territoire précis et dans un réseau de commerçants définis. Cela permet de savoir comment est dépensé l’argent, contrairement aux euros en circulation. “C’est vraiment l’idée de la réappropriation de la monnaie et de consom’acteurs”, insiste Aleksi Leskinen.

En France, la première monnaie locale complémentaire a été l’Abeille, créée dans le Lot-et-Garonne deux ans après la crise financière, en 2010. Aujourd’hui, la quasi-totalité des régions françaises sont couvertes par une ou plusieurs de ces monnaies. La plus importante est l’Eusko au Pays Basque, qui compte près de 700.000 euskos en circulation, utilisés par 650 professionnels et 3.000 particuliers. Une carte de crédit en euskos a même été lancée en 2017 !

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