« Plus de 10 millions de personnes en France sont des aidants, déclare Sophie Cluzel à Mediatico, nous sommes tous concernés, à un moment ou à un autre de notre vie, en tant qu’aidant« . C’est par cette déclaration forte que la secrétaire d’Etat chargée des Personnes en situation de handicap nous annonçait, dès le début du mois d’octobre, le lancement de la stratégie nationale pour les aidants, présentée hier par le gouvernement, ainsi que sur le lancement d’un « congé proches aidants » rémunéré. Dans cette interview recueillie sur le salon professionnel E-Tonomy dédié aux métiers de l’autonomie et de la dépendance, où elle inaugurait le programme de mise en réseau territorial Hospitalicity, Sophie Cluzel affirme notamment : « Il faut des cafés-relais, des solutions de répit pour les aidants, comme le « relayage » – ou « baluchonnage » à la québecoise – qui permet à l’aidant de prendre quelques jours de repos » en toute tranquillité d’esprit.

« Il faut labelliser les municipalités et les métropoles aidantes« , poursuit Sophie Cluzel dans cette interview vidéo. A l’image de la ville de Vannes, qui a signé voilà quinze jours la première charte à cet effet, devenant ainsi la première « ville aidante Alzheimer » de France. Mais cette charte s’étend bien au-delà de la maladie d’Alzheimer, précise la secrétaire d’Etat, engageant les municipalités à se saisir de cette charte d’engagements. Elle revient aussi sur l’insertion professionnelle des personnes handicapées et sur son intention de doubler la taille du « secteur adapté » pour le porter à 80.000 places d’ici à 2022. « Nous avons signé la charte « Cap vers l’entreprise inclusive » pour faire du secteur adapté un laboratoire pour améliorer la qualification des personnes, offrir des trajectoires, avoir des CDD tremplins pour rebondir vers l’entreprise adaptée tout en étant très bien accompagné« , explique-t-elle.

Enfin, elle raconte sa rencontre avec une trentaine d’influenceurs sur les réseaux sociaux, voyageurs, blogueurs, aventuriers… en situations de handicap : « Plus vite on entendra la parole de ces personnes qui ont des vrais projets, plus vite on avancera dans notre politique publique« , conclut Sophie Cluzel.