Débattre, oui. Échanger des idées, oui encore : c’est le fondement même de la démocratie. L’agora athénienne fut notre origine. De grands moments historiques récents ont été d’intenses périodes de débats (Résistance, mai 68…).

Débattre implique d’abord une éthique du débat à laquelle tient absolument l’ESS : s’écouter, se respecter, chercher des consensus, tolérer le dissensus. Nous (associations, coopératives, mutuelles…) sommes les plus grands praticiens des assemblées générales de ce pays.
Mais il ne suffit pas d’ouvrir le couvercle de la parole pour sortir des menaces bien réelles qui sont devant nous. Pour aboutir, le débat devra permettre l’échange sur des idées en actes, des concepts opératoires et des solutions.

C’est ici que l’ESS doit mener et peut gagner la bataille des idées. Partir des problèmes à traiter, montrer que des solutions inventées sur le terrain concret de l’ESS existent, en dégager un Récit mobilisateur, capable d’entrainer positivement nos concitoyens y compris les plus modestes et fragiles.

Face aux menaces écologiques, nous inventons la transition énergétique citoyenne et la sobriété énergétique partagée.
Face au chômage, nous expérimentons de nouvelles formes d’emploi reposant sur le contrat, la protection, le collectif et le sens du travail.
Face à la précarisation, la fragilisation et l’exclusion, nous développons des solidarités actives reposant sur l’autonomie des personnes mais aussi de nouveaux modèles économiques.
Face aux risques de financiarisation et de spéculation, nous proposons une finance solidaire et éthique.
Face à la mondialisation, nous co-construisons sur les territoires une économie de la proximité et de l’utilité sociale.
Nous ne sommes pas des diseux ! Nous sommes des faiseux qui échangent et argumentent. Nous entreprenons nos idées.

Les temps sont suffisamment incertains et dangereux pour que cette bataille des idées en actes nous la menions ensemble, nous tous qui nous référons à l’ESS. Non pas d’une voix unique mais de voix concertées comme celles de l’orchestre.



Dans le débat national qui s’ouvre, le Labo de l’ESS s’exprimera donc avec d’autres think-tanks et do-tanks proches (Avise, Fonda, FING…). Dans le débat européen qui va s’ouvrir, le Labo cherchera à mettre en réseau les think-tanks européens (Pour la solidarité, Reves…). Dans le débat interne pour une nouvelle représentation de l’ESS, nous défendrons la création d’un mouvement unitaire, organisé et puissant.

Nous contribuerons donc à ce qu’un débat démocratique, évitant le brouhaha, repose sur la liberté des paroles individuelles mais aussi sur la force de la parole collective.

En 2019, meilleurs vœux à toutes et tous pour tenir une place active dans les débats et solutions.

Hugues Sibille,
Président du Labo de l’ESS