Elle a pris ses fonctions en pleine crise de Covid. Elle a battu la campagne pour que le plan de relance bénéficie à l’ensemble du secteur associatif. Elle a donné un coup d’accélérateur aux contrats à impact, aux entreprises à impact, à la finance d’impact. Pour dresser son portrait, Mediatico reçoit aujourd’hui Olivia Grégoire, la secrétaire d’État chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, bientôt maman, qui nous annonce vouloir soutenir fermement la campagne d’Emmanuel Macron en 2022. Une femme engagée, qui n’a pas peur de l’action et qui n’a pas sa langue dans sa poche.


« Mon enfance n’a pas été pavée de roses », confie la ministre d’entrée de jeu. Mais son histoire lui a donné de la force. À l’âge de 7 ans, Olivia Grégoire voit son père frappé par un grave accident de moto, qui le handicape considérablement. Il s’ensuivra trente ans d’enfers médicaux, de maladies chroniques et de cancer. « A l’âge de 7 ans, mon obsession était simple : ne pas créer de problèmes. Il y en avait assez à la maison. Et essayer d’être utile à ma maman qui en bavait, utile à mon père qui était à l’hôpital », se souvient-elle. C’est cette notion d’utilité qui l’a portée, et qui la porte encore aujourd’hui.

Celle qui finance seule ses études jusqu’à entrer à l’ESSEC, celle qui travaillera pour le secteur privé comme pour l’Etat, celle qui travaillera aussi pour elle-même en tant qu’entrepreneuse et qui voit donc l’économie comme peu d’acteurs politiques savent le faire, fera finalement ses premiers pas en politique en 2017 comme députée de Paris, avant de prendre ses fonctions de ministre dans le gouvernement Castex en juillet 2020, juste après le premier confinement. Pour Mediatico, elle revient sur son parcours, sur ses inspirations, sur sa vision de l’économie.

Les personnages qui l’ont le plus inspirée ? Sans hésiter, elle cite Albert Camus, Simone de Beauvoir, Marguerite Yourcenar, ou encore le philosophe Emile Cioran : « Sa promotion du pessimisme et du caractère mortel de l’homme me pousse à un optimisme de volonté », se confie-t-elle. Avant de conseiller à tous de lire “Le nœud Gordien”, de Pompidou : « C’est un ouvrage qui parle de notre vie politique en des termes résolument modernes », soutient-elle. Pour Mediatico, elle évoque aussi, entre autres, Pierre Mendes-France ou Jean-Pierre Raffarin, auprès de qui elle débuta, qui forgeront son appartenance au courant politique social-libéral.

« J’espère que ma fille gardera les yeux ouverts, mais qu’elle aura encore les yeux qui brillent »

Utile aux autres ? « Je n’ai pas de plus grand bonheur que de me rendre compte qu’un amendement ou qu’un décret a été publié à la suite de mon action et de mon engagement », poursuit Olivia Grégoire. Fière d’avoir accru la protection des femmes d’artisans, au travers de la Loi Pacte. Fière d’avoir soutenu les acteurs de l’économie sociale et solidaire en triplant le montant des aides publiques qui leur étaient accessibles durant la pandémie (revoir notre émission spéciale ici). Fière enfin de sa plateforme impact.gouv.fr, vouée à lui survivre au-delà de son mandat, qui permet aujourd’hui aux entreprises d’affiner leur stratégie et leurs indicateurs en matière d’impact social et environnemental (lire à ce sujet notre édito du 01/06/21).

En 2022, Olivia Grégoire entend s’investir fermement dans la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron. « Je m’investirai à ses côtés, là où il me souhaitera utile. Possiblement sur les sujets économiques, au service de propositions en matière de partage de la valeur ou de contrat social. Je ferai tout mon possible pour contribuer modestement à sa réélection », soutient-elle. Mais d’ici-là, la vie d’Olivia Grégoire aura bien changé.

En décembre prochain, Olivia Grégoire sera maman pour la première fois. Les Français l’ont appris cet été, lors de sa vaccination devant les caméras de télévision par son collègue Olivier Véran, ministre de la Santé. Elle s’explique sur cette mise en scène à vocation pédagogique, mais elle raconte surtout le monde qu’elle compte offrir à sa fille : un monde en crise, certes, mais où l’espoir est encore possible. Pour elle, c’est en cessant de financer les énergies fossiles et d’accompagner les entreprises irresponsables que nous ferons bouger les lignes. Pour Olivia Grégoire, la réponse au monde en crise, c’est l’action. « J’espère que ma fille gardera un peu les yeux ouverts, conclut-elle, mais surtout qu’elle aura encore les yeux qui brillent ».

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