Sara Paubel et Stéphanie Merran sont bien plus que deux associées. Elles sont complémentaires, à l’évidence complices. Elles ont fondé un studio d’ingénierie de projets solidaires basés sur les arts visuels, nommé Ce Que Mes Yeux Ont Vu. Elles sont amies aussi, forcément. Voilà quatre ans, elles se sont rencontrées sous la nef du Grand Palais, dans le cadre de leur activité professionnelle, durant l’exposition Monumenta.

A l’époque, Stéphanie est chargée des publics « éloignés », « fragiles » et « isolés ». Sa mission consiste à les emmener découvrir l’exposition : une gageure ! Pour sa part, Sara est chargée de médiation. Elles vont créer ensemble des ateliers de préparation à la visite de l’exposition. Elles vont s’apercevoir que la culture est aussi importante pour les publics éloignés que pour chacun d’entre nous. Elles vont donc décider de « pousser la mission sociale de la culture ». Et ne se quitteront plus !

Le déclic, raconte Sara, c’est découvrir que la culture est un besoin de première nécessité. Elle en est persuadée, la culture est aussi importante qu’un logement ou que l’alimentation. Pour Stéphanie, le déclic est différent. Un besoin d’évoluer dans son métier, d’abord. Puis cet incroyable constat d’un vocabulaire commun entre les personnes en situation de précarité et celles qui travaillent dans les tours de La Défense, dans des univers professionnels dévalorisants et déshumanisés. Les mots pour dire le mal-être sont identiques. Mais la culture peut les aider.

Aujourd’hui, Sara et Stéphanie utilisent les arts visuels comme supports à des rencontres entre ces publics très différents : collaborateurs d’entreprises d’une part, personnes en grande précarité d’autre part. Des ateliers dont l’impact est « beaucoup plus profond pour les collaborateurs d’entreprise qu’une journée d’accrobranche« , souligne Stéphanie. Avec Ce Que Mes Yeux Ont Vu, la culture devient un outil, plus qu’une finalité.