Tristesse, le confinement a eu raison de la Coopérative de Bien-Être des Grands Voisins. Faute de parvenir à recevoir, durant près de trois mois, ses adhérents fidèles, ses sympathisants d’un jour ou ses clients réguliers, cette structure généreuse, au modèle économique par conséquent fragile, n’a donc pas réussi à tenir le coup. Car à l’heure de payer les salariés, le manque d’argent ne pardonne pas.

Il faut dire que, alors que les médecines alternatives, cours de yoga, danse, arts martiaux et bien d’autres façons de prendre soin de soi, sont habituellement réservées aux plus aisés, l’acupuncteur Lucas Manganelli avait décidé d’offrir ces pratiques de bien-être et de santé au plus grand nombre.

Des tarifs ultra-raisonnables pour chacun

Pour cela, il a créé la Coopérative de Bien-Être, implantée au cœur du village solidaire des Grands Voisins, cette friche de l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul située dans le 14ème arrondissement de Paris. Ici, chaque jour, des cours sont proposés à tarifs ultra-raisonnables, aux occupants du site comme aux personnes extérieures.

Dans une ambiance bienveillante, les riverains y côtoient donc des personnes en précarité hébergées sur le site, qui “assistent” pour leur part aux cours gratuitement. Ou plutôt “assistaient”. Car aujourd’hui, cette ambition solidaire a fait les frais du confinement. L’absence de recettes ne pardonne pas, a fortiori durant trois mois.

Un dispensaire mobile pour les exclus du système de santé

Il n’en reste pas moins un élan de générosité qui fera des émules. Déjà, de jeunes praticiens en ostéopathie, en sophrologie ou en réflexologie avaient récemment rejoint la Coopérative de Bien-Être. De même qu’un dispensaire mobile se déplace à l’extérieur, dans les centres d’hébergement d’urgence de l’association Aurore. Là, deux ostéopathes et un masseur dispensent leurs soins bénévolement pour les personnes migrantes ou en situation de grande précarité.

La Coopérative de Bien-Être ferme ses portes, mais les besoins demeurent. Nul doute que d’autres reprendront le flambeau après Lucas Manganelli. Et, pour qui connaît celui-ci, nul doute non plus qu’il fera bientôt renaître la générosité d’une nouvelle idée dont il a le secret.

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