3 questions à Marianne Eshet, 
déléguée générale de la Fondation SNCF

Craignez-vous les intentions du gouvernement sur la fiscalité du mécénat ?

En 2003, le gouvernement a porté la loi Aillagon, que l’Europe et le monde nous envient. Un formidable coup de projecteur pour le mécénat. Mais le mécénat d’entreprise n’est pas une niche fiscale : il est utile, salutaire, indispensable. C’est un investissement. Lorsque nous aidons des publics fragiles, ce sont autant de coûts humains qui ne pèsent pas sur la société. Le but n’est pas de faire du mécénat pour son avantage fiscal, même si ce point encourage certaines entreprises. Le Groupe SNCF, lui, ne défiscalise ni la dotation de la Fondation, ni le mécénat de compétences. La défiscalisation fonctionne en effet sur un crédit d’impôt. Or, le Groupe SNCF n’en paie pas, puisqu’il ne fait pas de bénéfices.

Comment le mécénat concourt-il à la transformation du groupe SNCF ?

La Fondation SNCF a été créée en 1995 et dispose d’un budget de 5 millions d’euros. Nous travaillons avec les 5 filiales du Groupe SNCF en France, mais aussi au Maroc, en Inde et en Australie, pays dans lesquels la SNCF est présente de manière durable. La force de la Fondation SNCF est son ancrage territorial très fort : nous disposons d’un correspondant dans chaque région de France. Résultat : 90% des 800 projets que nous soutenons ont été identifiés par les territoires. La Fondation SNCF cultive aussi l’esprit de co-construction avec des partenaires, au sein de l’Alliance pour l’éducation, ou encore de l’Alliance pour le mécénat. Enfin, nous valorisons l’engagement des salariés avec nos Coups de cœur solidaires : il s’agit d’un appel à projet à destination des salariés bénévoles. Mais aussi au travers du mécénat de compétences, sur le temps de travail des salariés.

Concrètement, quels types de projets associatifs portez-vous ? 

L’éducation, la culture et la solidarité sont pour nous les tremplins du vivre ensemble. A titre d’exemple, le siège de la SNCF et ses 15.000 collaborateurs sont installés à La Plaine Saint-Denis, depuis plus de 4 ans. Sur ce territoire, nous soutenons l’association Proxité, qui travaille auprès de jeunes en situation de décrochage ou de recherche d’emploi. Nous accompagnons cette association en mécénat financier, mais aussi en mécénat de compétences. Et nous mettons par exemple à disposition des salles de réunion au siège pour faciliter la rencontre entre ces jeunes et leurs parrains. Une trentaine de nos salariés accompagne ces jeunes chaque semaine.

Propos recueillis par
Hélène Corbie