A l’heure de la remise en question du mécénat de compétences pour des raisons budgétaires, la Fondation SNCF fait le point sur six ans d’action en la matière, qui ont permis de conduire 3.500 salariés du Groupe SNCF vers des missions de mécénat de compétence. Un travail de longue haleine : « Il a fallu travailler avec les ressources humaines, trouver des associations, convaincre les managers de laisser partir les salariés sur leur temps de travail… », nous confie Marianne Eshet, déléguée générale de la Fondation SNCF, initiatrice de cette forme d’engagement des collaborateurs au sein du groupe. Aujourd’hui, les salariés du Groupe SNCF peuvent intervenir jusqu’à 10 jours par an dans une association, au service de l’intérêt général.

Mais la Fondation SNCF ne s’est pas arrêtée là : début 2019, elle publiait son premier « Baromètre du mécénat de compétence ». Réalisé avec l’Ifop, il révèle que 63% des Français trouvent naturel que les entreprises s’engagent. « Nombre de personnes ont envie d’aider les autres, mais elles ne savent pas comment faire », souligne Marianne Eshet. Pour accompagner d’autres entreprises dans cette démarche, le Groupe SNCF a rédigé un « Manifeste pour le mécénat de compétence », signé dès le départ par 16 dirigeants de grandes entreprises. Puis, la Fondation SNCF a impulsé une « Alliance pour le mécénat de compétence », destiné à élargir encore le mouvement et rallier un maximum d’employeurs à la démarche. Autant d’efforts qui seraient ruinés demain si, comme le redoutent la plupart des acteurs du secteur, le gouvernement remettait en cause le dispositif du mécénat de compétences à la rentrée prochaine dans le projet de budget 2020.