Le secteur associatif se transforme à grande vitesse. « Depuis 15 ans, le nombre d’associations a continué d’augmenter », entame Viviane Tchernonog, chercheuse au Centre d’économie de la Sorbonne et grande spécialiste du secteur. Dans sa dernière étude chiffrée et documentée sur le paysage associatif français, elle montre que « le secteur s’est professionnalisé » : les associations sont beaucoup mieux structurées et leurs modèles économiques plus travaillés. Bénévoles et salariés sont également mieux formés. Mais cette nouvelle réalité polarise l’écosystème associatif. D’un coté, il y a les grandes associations « qui mettent en place les politiques publiques et aspirent l’essentiel des financements ». De l’autre, les petites associations sont très nombreuses, mais elles « génèrent un budget cumulé négligeable », s’appuyant en majorité sur le travail bénévole. 

Viviane Tchernonog s’alarme de cette « dualisation du secteur », qui s’est effectuée en une décennie seulement. Car, entre ces deux pôles, les associations de taille intermédiaire sont menacées par cette nouvelle distribution des cartes. Ancrées dans les territoires, elles avaient pu émerger grâce à l’engagement bénévole et au partenariat avec les acteurs locaux. Aujourd’hui, « elles sont en fort affaiblissement et l’on peut craindre leur disparition si rien ne change » conclut Viviane Tchernonog dans notre interview vidéo.