3 questions à Antoinette Guhl
Adjointe à la Maire de Paris chargée de l’économie sociale et solidaire,
de l’économie circulaire et de l’innovation sociale

Pourquoi la Ville de Paris résiste-t-elle au Black Friday ? 

Le Black Friday, c’est la journée de l’hyper-consommation. A l’inverse, le Green Friday est une journée portée au départ par quelques associations, rejointes par une centaine de marques et d’enseignes, qui s’engagent le 23 novembre à faire de ce vendredi une journée de consommation responsable, à ne pas faire de publicité et à reverser 15% de leur chiffre d’affaire de la journée à des associations engagées pour une consommation durable comme Zero Waste France, les Amis de la Terre ou Ethique sur l’étiquette. La Mairie de Paris préfère soutenir des structures de l’économie sociale et solidaire qui s’engagent pour une consommation responsable, éthique, locale et circulaire.

Paris s’engage aussi à soutenir la mode éthique : de quoi parle-t-on ?

Le monde de la mode ne s’est pas suffisamment posé la question de son impact. L’industrie textile est la deuxième industrie la plus polluante de la planète après celle des hydrocarbures, que ce soit en termes d’émissions de gaz à effet de serre ou de qualité de l’eau. Nous avons besoin de changer les pratiques. Ce sujet émerge dans les consciences de consommation, mais sans permettre encore aux consommateurs de pouvoir faire les bons choix. Paris, capitale de la mode, a un rôle à jouer. Nous travaillons donc avec plusieurs acteurs de la filière de la mode pour engager des transformations importantes : soit sur la possibilité d’éco-sourcer les matériaux avant de produire, soit sur la mise en place de solutions contre le gaspillage vestimentaire.

Que contient votre feuille de route pour l’économie circulaire, votée vendredi ? 

La Ville de Paris a été la première collectivité à mener une politique d’économie circulaire. Après une concertation en 2014, des Etats généraux en 2015 et une première feuille de route en 2017, nous avons voté vendredi dernier, à l’unanimité, une deuxième feuille de route qui comporte 15 nouvelles actions, comme le soutien à la mode éthique, l’interdiction des pailles en plastique ou la suppression des plastiques dans les contenants dans les cantines scolaires. Une autre action porte sur la sobriété numérique de la ville, une pollution souvent peu évoquée : cela concerne les usages des mails et des réseaux sociaux, le choix des serveurs informatiques, ou l’utilisation de l’énergie. 

Propos recueillis par Juliette Loiseau

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