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Êtes-vous prêts à un confinement jusque fin juin ? Il faut pourtant s’y préparer, a fortiori en tant qu’acteurs de l’économie sociale et solidaire. Car les chiffres donnent le tournis : 3 milliards d’individus confinés sur la planète, déjà 3.000 morts en France et plus de 2 millions de salariés au chômage technique… Le Covid-19 fait des ravages à une vitesse fulgurante. Il prend nos vies, bloque les circuits de la mondialisation, paralyse l’activité économique, réduit nos revenus… et sera bientôt responsable d’une aggravation de la crise sociale dans de nombreux pays. Ce qui rendra d’autant plus difficile la fin de la crise sanitaire. Pensez seulement que les activités économiques non-indispensables sont à présent interdites en Espagne.

La prolongation du confinement jusqu’au 15 avril en France est donc une fantaisie. Maîtriser le coronavirus d’ici 15 jours ? Soyons sérieux ! Si vous êtes un employeur du secteur de l’ESS, vous avez sans doute remarqué que la de demande de chômage partiel pour vos salariés se fait, d’emblée, sur la période du 16 mars au 30 juin. Oui, le 30 juin, voilà la date de la fin du confinement estimée, à ce jour, par le ministère du Travail. Si cela devait advenir, autant s’avouer dès maintenant que l’activité ne repartira réellement qu’après l’été, à la rentrée de septembre. Soit six mois de quasi-inactivité économique. Las !

Au moins peut-on se féliciter d’avoir, en France, l’assurance-chômage comme puissant amortisseur social. Ainsi qu’un ministre de l’Économie qui a très vite annoncé, voilà déjà 15 jours, un plan de soutien massif à l’économie de près de 350 milliards d’euros… qui promet d’être réévalué vu le plan de 1.100 milliards annoncé par l’Allemagne vendredi. Enfin, n’oublions pas Bpifrance qui nous partage une excellente boîte à outils pour aider toutes les entreprises à surmonter la déferlante (à voir ici, sans faute).

Dans cette bataille pour la survie économique, l’économie sociale et solidaire est en première ligne. Et ce, à double titre. D’abord, hélas, comme cible de la crise. Les associations employeurs, les coopératives, les entreprises sociales, les fondations, les structures d’insertion… ont pour beaucoup des modèles économiques fragiles, qui ont encore été fortement attaqués ces derniers mois par le gouvernement. Heureusement, Christophe Itier, Haut-commissaire à l’Économie sociale et solidaire, déploie une énergie considérable pour mettre à jour quotidiennement sa synthèse des mesures d’accompagnement des entreprises de l’ESS (téléchargez la dernière synthèse ici).

Heureusement aussi, Thibault Guiluy, nommé voilà dix jours Haut-commissaire à l’Inclusion dans l’emploi et à l’Engagement de l’entreprise, a immédiatement pris ses marques en organisant plusieurs webinars du club « La France Une Chance », afin de répondre aux questions brûlantes des structures d’insertion par l’activité économique, des associations intermédiaires et autres chantiers d’insertion : chômage partiel dans l’insertion, pression des clients sur les salariés fragiles, portage salarial, intérim d’insertion, formation pendant le confinement, effets de seuil inégalitaires pour l’indemnisation chômage… A la clé, des réponses courtes, précises et utiles. Bravo ! (inscrivez-vous au prochain webinar).

Mais, surtout, l’économie sociale et solidaire est aussi en première ligne comme solution de résilience et de reconstruction. Face aux dérives du modèle économique dominant en pleine débâcle, ultra-financiarisé et court-termiste pour son propre malheur, la voix des entrepreneurs sociaux commence à se faire entendre. Ils ne veulent surtout pas rater le coche de la fin du confinement. Ils sont prêts à brandir leurs solutions sociales, environnementales et à vocation d’intérêt général. Et à faire éclater au grand jour qu’un autre modèle économique est possible. Il est temps de préparer la relève.

Chez Mediatico, nous leur donnons la parole actuellement dans une série d’interviews par webcam, où ils partagent leur expérience de confinement d’entreprise, leurs inquiétudes, mais aussi leurs perspectives et parfois leur farouche volonté de changer le système. Retrouvez les premiers témoignages ci-dessous. Et les suivants chaque jour, sur Mediatico.fr.


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