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Tiens, j’ai manqué un joli cadeau de Noël. Oui, le roman-phare de George Orwell « 1984 » (publié en 1949) vient de sortir en bande de dessinée. Et je ne l’apprends qu’aujourd’hui ! Vous savez, « Big Brother is watching you », le Ministère de la Vérité, la novlangue d’Océania… Cette fameuse novlangue tellement d’actualité, qui imprègne aujourd’hui le marketing des entreprises, le monde politique et celui des médias, dans laquelle les mots perdent leur sens jusqu’à dire parfois l’inverse de ce qu’ils signifient. La démonstration d’Orwell est simple : plus on diminue le nombre de mots d’une langue, plus on diminue le nombre de concepts avec lesquels les gens peuvent réfléchir. Plus on réduit les finesses du langage, plus les gens sont manipulables.

Songez seulement à 2020, cette année qualifiée d’ « étrange » par beaucoup. Elle instaura la distanciation « sociale » quand il suffisait qu’elle soit physique. Elle décréta le chômage « partiel » pour des salariés qui ne travaillaient plus du tout. Elle consacra de nouveaux lits « durables » à l’hôpital, prévus pour ne durer que le temps de la pandémie. Soyons précis : « étrange », dit le Larousse, relève de ce « qui frappe par son caractère singulier, insolite, surprenant, bizarre ». Or, 2020 n’a pas été seulement « étrange ». Pour beaucoup, 2020 a été inquiétante, difficile, douloureuse, déprimante, éprouvante, tourmentée. Alors pour 2021, choisissons bien les mots pour formuler nos vœux de bonne année.

Chez Mediatico, nous espérons une année 2021 revigorante, réconfortante et exaltante, une année de rebond et de transformation pour les acteurs de l’économie sociale et solidaire. Le potentiel est là. Habilement, Olivia Grégoire tweete sur une année 2021 placée le signe de « l’ESSpoir ». Bien vu. La secrétaire d’État à l’Économie sociale, solidaire et responsable, parie sur la contribution indiscutable de l’ESS à la relance. Elle souligne son caractère agile, discret, modeste, implanté sur les territoires et largement résilient. Voilà d’ailleurs pourquoi elle s’apprête à donner, courant janvier, une nouvelle impulsion aux Pôles territoriaux de coopération économique (PTCE), après avoir missionné le Labo de l’ESS pour mesurer leur impact et soutenir leur développement.

Mais chez Mediatico, nous attendons surtout la renaissance éclatante de deux secteurs d’activité. La restauration d’abord, support essentiel de formation, d’insertion par l’activité économique et de rencontres solidaires sur l’ensemble de nos terroirs. Le secteur culturel ensuite, tragiquement considéré comme « non essentiel » alors que les Français paient aujourd’hui psychologiquement l’insuffisance prolongée de liens sociaux. Plus de 30.000 structures culturelles relèvent de l’ESS en France. Elles rassemblent 26% des emplois du secteur. La culture sous toutes ses formes doit redevenir au plus tôt vivifiante, chaleureuse, enthousiasmante et salvatrice. Cela vaut pour le théâtre, le chant, la danse, le spectacle vivant, le patrimoine, ou les rencontres littéraires… Où nous ne manquerons pas la dédicace d’une certaine bande dessinée.

Bonne année à tous et restons solidaires comme jamais. Car pour certains, l’année a parfois déjà mal commencé.


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