Certains parcours de vie sont des électrochocs. Lorsqu’un fils de la mer devient expert en plasturgie, la prise de conscience paraît inévitable. Dans ce reportage, Rémy Lucas nous montre comment son entreprise Algopack, créée en 2010 et basée à Saint-Malo, transforme les algues pour inventer une matière innovante, capable de remplacer le plastique.

Saviez-vous que la France est le 3ème plus gros émetteur de CO2, avec 35,4 mégatonnes de déchets plastiques abandonnés en Méditerranée ? C’est ce que nous apprend l’ONG WWF et cette pollution plastique a de terribles conséquences sur les espaces naturels, la biodiversité et le dérèglement climatique.

Afin de lutter contre ces effets dévastateurs, Algopack propose une alternative au plastique, entièrement fabriquée à base de déchets industriels d’algues brunes. Pas question d’aller chercher des algues sur le bord de la plage : « Afin de préserver la biodiversité nous ne prélevons pas les algues dans leur élément naturel, mais nous les cultivons, explique Rémy Lucas, président d’Algopack. « Ces algues consomment énormément de CO2 et renvoient beaucoup d’oxygène, ce qui favorise la croissance du plancton ».

En plus de cultiver des algues sans engrais ni pesticides, Algopack récolte également les sargasses, des algues brunes très présentes dans les Caraïbes, qui sont un véritable fléau local.

Développer la chimie bleue

Avec cette matière alternative au plastique, Algopack fournit les secteurs de l’automobile, de l’emballage et de la signalétique, qui vont fabriquer ici des tableaux de bord de voitures, là des objets promotionnels comme des coques de téléphone…

En fin de vie, cette matière qui est composée 100% à base d’algues est beaucoup plus facile à éliminer, ce qui « permet de supprimer complètement le plastique par une matière vertueuse », témoigne Rémy Lucas. Cette matière est même totalement compostable, permettant de fertiliser la terre, une des fonctions historiques de l’algue.

Surtout, Algopack développe l’économie locale sur son bassin d’emploi : « Toute l’activité de fabrication de l’entreprise se situe ici dans un rayon de moins de 200 km », explique Rémy Lucas. En cultivant les algues en tant que matière première, son entreprise contribue aussi à préserver l’océan et à développer en France une nouvelle filière dite de « la chimie bleue ».

Éradiquer le plastique, lutter contre le réchauffement climatique… Une démarche d’économie circulaire globale, saluée à juste titre par l’Institut de l’Économie Circulaire, qui lui a décerné en septembre 2015 une mention spéciale « Lutte contre le dérèglement climatique », lors de la remise de ses trophées de l’économie circulaire.

Pour aller plus loin :

Partagez cet article