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Je suis mère de famille, élue municipale forte de 9 ans d’expérience au sein d’une association indépendante en tant que parent d’élève élue. Le combat que je mène depuis presque 5 ans a pour objectif de porter la voix des familles de victimes de harcèlement scolaire afin que justice soit rendue pour tous. Ce que nous voulons, ce que nous demandons aux pouvoirs publics, c’est simplement de faire leur travail. De faire appliquer les lois existantes et de faire en sorte que la réponse judiciaire soit plus rapide, pour éviter que l’action perde son sens.

Nous souhaitons dénoncer l’omerta qui règne dans les établissements de France et de Navarre autour de ce fléau qui gangrène nos écoles dans l’indifférence générale.

A ce titre nous demandons des sanctions à l’encontre des chefs d’établissement et de tous les responsables concernés. Car s’il est avéré que le harcèlement tue, il est aussi avéré que le silence mortifère et l’inaction des chefs d’établissements auront fortement contribué à mener nos enfants à mettre fin à leurs jours.

L’école devient lieu de souffrance, de peur et d’angoisse

Ils se sont rendus coupable de non-assistance à personnes en danger, sur mineurs de moins de 15ans, ce qui est un facteur aggravant. La responsabilisation par la formation mais aussi par la sanction doit être une épée de Damoclès au-dessus de toutes les têtes.

Pour les enfants et leurs familles, l’école n’est plus le lieu où l’on rêve d’avenir. Non, elle devenue un lieu empreint de souffrance, de peur et d’angoisse. 

C’est dans son enceinte que ces enfants et élèves victimes ont subi les insultes, les moqueries, les violences verbales ou physiques, qui ont mené des dizaines de jeunes gens à commettre l’irréparable. L’école est aujourd’hui pour nous, familles, synonyme de mouroir.

Les chefs d’établissements, tout comme les représentants du rectorat, de l’inspection académique et du DSDEN, sont toujours les grands absents des débats publics. Ils ne s’exposent pas, ils ne s’expriment pas, ne s’expliquent de rien, jamais. Et cela n’étonne que nous, pauvres familles abandonnées à notre triste sort ? Je parle malheureusement d’expérience.

Ma fille aînée, 14 ans aujourd’hui, a été victime de harcèlement scolaire durant 5 longues années.

Porter plainte contre l’école, pour faire changer les choses

Quand l’enfant brise le silence et alerte son école, quand ses parents portent plainte, c’est un autre enfer dans lequel la famille entière se trouve plongée. Vous êtes seuls, abandonnés de tous. Plus personne ne répond à vos e-mails ou à vos appels. L’enfant passe du statut de victime à celui de menteur. Et nous, familles, nous n’existons plus… Certains parents arrêtent de travailler, craignant que leur enfant se suicide : c’est la dégringolade. Les dommages collatéraux sont tus, mais ils existent, engendrant précarité et grande détresse sociale.

Je ne veux pas faire de généralité, mais nombreux sont les chefs d’établissements à ne pas jouer leur rôle de lanceur d’alerte auprès des équipes pédagogiques, des familles, des DSDEN et des commissariats. Des témoignages d’instituteurs/trices et professeurs/es d’écoles publiques/privées évoquent la loi du silence qui règne autour du harcèlement. Les Officiers de Prévention de la Police déplorent aussi l’inaction des écoles, car malheureusement, lorsqu’ ils interviennent, il est souvent trop tard.

Pour que les acteurs de notre système scolaire prennent enfin leurs responsabilités, il faut que les familles s’adressent aux associations ou au commissariat de secteur pour être informées et orientées. Enfin, je les invite à porter systématiquement plainte contre l’établissement scolaire, afin de faire réagir les écoles et les pouvoirs publics. Car oui, il y a péril en la demeure.

Olfa Cousseau
Mère de famille, élue municipale à Suresnes.


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