La grande distribution responsable de la surpêche et d’une partie de la destruction des fonds marins ? C’est la conclusion d’un rapport publié par la fondation Changing Markets, dont Mediatico a interviewé le rapporteur Juan-Felipe Carrasco.  

Saviez-vous que la France est le troisième plus gros consommateur de poissons et de produits de la mer dans l’Union européenne, avec une moyenne de 34 kilos consommés par personne et par an ? Et surtout, savez-vous que, pour répondre à cette demande, la grande distribution agit de façon si peu responsable qu’elle endommage considérablement la faune sauvage sous-marine ? C’est ce qu’affirme le rapport de Changing Markets, une fondation néerlandaise qui veut accélérer la mise en place de solutions dans les entreprises face aux défis sociaux et environnementaux.

Juan-Felipe Carrasco, auteur du rapport, nous explique le problème essentiel : « Le poisson d’élevage étant alimenté avec du poisson sauvage, des millions de tonnes de poissons sauvages sont prélevées des océans pour être transformés en farines et, ainsi, nourrir le poisson d’élevage. »

« 93% des stocks de poissons marins sont pêchés à leur limite ou surexploité »

Selon Juan-Felipe Carrasco, « 93% des stocks de poissons marins sont pêchés à leur limite ou surexploités. » Cette surpêche serait en large partie responsable de la dégradation des fonds marins. Or, selon lui, les grandes surfaces sont responsables de ce phénomène puisque ce sont elles qui vendent la majeure partie du poisson consommé en France.

Autre problème, selon lui : le manque de transparence. Bon nombre de produits de la mer ne sont pas correctement étiquetés, frôlant avec les limites de la légalité. Telles ces crevettes pêchées à l’autre bout du monde mais étiquetées “françaises” parce qu’elle ont été emballées chez nous. Une véritable tromperie du consommateur, dont la grande distribution se rend complice, estime Juan-Felipe Carrasco.

Comment s’y retrouver ?

Le rapport établit un classement des grandes surfaces en France : Auchan, Carrefour et Système U font presque office de premiers de la classe… mais ils ne sont finalement que les moins mal notés : au palmarès de Changing Markets, en effet, ces trois géants de l’agroalimentaire obtiennent une note de 30 sur 100. C’est peu. « Mais c’est toujours mieux que ceux qui ne dépassent pas les 10 sur 100 » tempère Juan-Felipe Carrasco.  

Du côté des consommateurs, la solution consiste à manger moins de poisson, estime-t-il. Et surtout à prioriser les poissons herbivores, car ils ne sont pas nourris avec des farines animales ou avec d’autres poissons. Si cette ligne de conduite vous importe, c’est est fini des sushis au saumon. Tournez-vous plutôt vers les carpes !    

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