« Le numérique, c’est 10% de l’électricité mondiale et 3,8 % des émissions de gaz à effet de serre », lance Frédérick Marchand. Pour le dirigeant de Fruggr, solution logicielle qui mesure l’empreinte environnementale, sociale et même éthique des plateformes numériques des entreprises, ces chiffres sont inquiétants. Ils se situent même sur une « tendance franchement à la hausse », d’après une étude de l’Ademe publiée en 2021.

La société « a du mal à prendre conscience qu’avec le virtuel, la pollution est bien réelle », constate Frédérick Marchand. Avec Fruggr, son objectif est bien d’accélérer la prise de conscience climatique. Agréée d’utilité sociale (label ESUS), son entreprise travaille depuis juin 2020 sur le numérique responsable. Son projet de recherche et développement a été labellisé par le pôle de compétitivité numérique à vocation mondiale Images & Réseaux.

Aujourd’hui, la cible de Fruggr est tournée vers les « grandes organisations engagées dans une transformation plus responsable », précise Frédérick Marchand, qui est aussi l’un des quatre fondateurs du groupe Digital4better. Mais à l’avenir, l’application Fruggr compte s’ouvrir à tout un chacun : une application installée sur smartphone « permettra de comprendre les faits et les conséquences de l’usage de son smartphone d’un point de vue environnemental et social », détaille Frédérick Marchand.

Évaluer aussi l’inaccessibilité du numérique

Score environnemental, score d’impact social, score sur la sobriété numérique. Avec l’ensemble des données collectées, Fruggr permettra de calculer des scores d’impact. Ceux-ci conduiront vers des explications permettant de mieux comprendre et d’orienter différemment ses usages. Comme le temps d’utilisation de certaines applications, ou la différence d’une utilisation des données en wifi ou en 4G ou en 5G.

Frédérick Marchand alerte également sur l’accessibilité du numérique. L’Insee a évalué en 2019 à près de 17 % le taux d’illectronisme en France. L’organisme de statistiques indique « qu’un usager sur trois manque de compétences numériques de base ». Or, ce problème ne touche pas seulement les personnes âgés. Il touche aussi des personnes ayant des déficiences visuelles ou des jeunes tout à fait à l’aise avec les réseaux sociaux mais qui ne comprennent pas le fonctionnement des services publics en ligne, au point de parfois les éloigner de l’emploi. Une face cachée du numérique qu’il faut prendre en compte dans l’évaluation des usages, pour aller vers un numérique plus soutenable et universel.

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