Les épargnants sont-ils otages des grands réseaux bancaires et des compagnies d’assurance ? En tous les cas, « les produits financiers responsables ne sont jamais en tête de gondole, alors que les épargnants les plébiscitent », affirme Philippe Zaouati, dans cette interview vidéo exclusive, accordée à Mediatico à l’occasion de la parution de l’ouvrage « Pour une finance positive » (éditions Rue de l’Echiquier)*. Directeur général de Mirova, société de gestion du groupe BPCE spécialisée en investissement responsable (ISR), Philippe Zaouati estime que l’un des enjeux-clés de l’émergence d’une finance positive est de redonner le choix à l’épargnant, de lui rendre son pouvoir de décision. Car, aujourd’hui, qu’il souhaite investir de façon responsable, durable, éthique ou solidaire, l’épargnant veut surtout savoir où va son argent. 

 

Cette démarche de transparence et de responsabilité est, depuis longtemps, celle l’investissement socialement responsable (ISR). Mais, en quelques années, l’ISR a bien changé. Il s’est  élargi à des produits financiers variés : des livrets, des fonds, des contrats d’assurance-vie. Surtout, il s’est empêtré dans des querelles de chapelles et un vocabulaire technicien, auquel le grand public n’y comprend guère. Pour Philippe Zaouati, la finance positive doit changer de discours : « Investissez dans l’eau, l’agriculture, l’énergie, ce sont des secteurs dont nous avons besoin pour vivre, explique-t-il, investissez dans les entreprises créatrices d’emploi en France, ou dans l’économie sociale et solidaire ». Un discours simple, compréhensible de tous.

 

Serait-ce donc là ce que l’on appelle ISR ? Assurément, si les investissements dans ces secteurs d’activité sont transparents, durables et positifs pour les territoires sur le plan social et environnemental. Des produits financiers réunissant tous ces critères seront prochainement proposés dans le réseau des Caisses d’Epargne et celui des Banques Populaires, assure encore Philippe Zaouati dans la vidéo ci-dessus. En tête de gondole, espérons-le, pour drainer positivement l’épargne des français.  

* « Pour une finance positive », par Hervé Guez et Philippe Zaouati, 120 p., éditions Rue de l’Échiquier.

 

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