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Trois ONG ont tiré la sonnette d’alarme ce mois-ci sur la “fast déco”, un phénomène émergent et particulièrement préoccupant. Selon Zero Waste France, Les Amis de la Terre et le Réseau national des ressourceries et recycleries, l’industrie de la décoration intérieure est en pleine expansion et adopte des pratiques similaires à celles de la fast fashion, avec des conséquences environnementales alarmantes.

Les trois associations dénoncent ainsi un modèle basé sur la production massive d’articles de décoration et de meubles à bas prix, accompagnée de promotions fréquentes et de la création constante de nouveaux besoins. Contrairement à la durée de vie attendue d’un meuble, qui devrait se compter en décennies, les enseignes lancent en effet plusieurs collections saisonnières par an, augmentant ainsi la pression sur les consommateurs à renouveler régulièrement leur intérieur.

Exemple de surproduction : on commence par Ikéa

Un exemple frappant parmi d’autres est celui d’Ikea, qui ajoute chaque année 2 000 nouveaux articles à son catalogue. Cette stratégie de renouvellement constant contraste fortement avec l’époque où le mobilier était conçu pour durer et se transmettre de génération en génération. Les objets de décoration saisonniers, tels que ceux pour Noël, la Saint-Valentin ou Pâques, sont particulièrement dénoncés par le rapport, car ils ne sont souvent utilisés que quelques jours ou quelques semaines.

Les ONG soulignent que cette surproduction a des impacts néfastes à tous les niveaux : exploitation excessive des ressources naturelles, conditions de travail souvent précaires dans les chaînes de production, risques pour la santé des consommateurs, et augmentation drastique des déchets. Entre 2017 et 2022, le nombre de meubles mis sur le marché en France a grimpé de 88%, passant de 269 à 505 millions d’unités. En conséquence, les déchets d’éléments d’ameublement (DEA) ont explosé, atteignant 1,2 million de tonnes en 2021.

De la prise de conscience à l’action

Pour remédier à cette situation, les ONG proposent de réguler la mise en marché des produits neufs et de promouvoir les solutions de réemploi. Limiter le gaspillage est d’autant plus pressant que, depuis les confinements dûs au Covid-19, la maison est devenue un espace refuge et de personnalisation dans de nombreuses familles.

Les géants de l’industrie, de la fast fashion, de l’e-commerce et de la grande distribution ont alors rapidement capitalisé sur cette tendance, inondant le marché de produits d’ameublement et de décoration. 

Pour freiner cette course effrénée, il devient urgent de sensibiliser le public aux impacts environnementaux de la fast déco, estiment les trois ONG, et d’encourager des pratiques de consommation plus durables pour préserver notre planète.

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