Quand le secteur de la restauration est à l’arrêt, la restauration solidaire l’est aussi… presque entièrement ! Co-fondatrice des Marmites Volantes, une structure de l’économie sociale et solidaire qui livre à vélo des repas frais dans de petites marmites métalliques pour éviter les déchets d’emballages, Ariane Delmas évoque pour Mediatico ses trois premières préoccupations, nées dès l’instauration du confinement.

Dans ses trois restaurants parisiens, situés à Montreuil, à Jaurès, ainsi qu’à Pigalle pour le petit dernier ouvert en janvier, il a fallu d’abord vider tous les frigos pour ne pas perdre la marchandise. “Les produits ont été vendus à prix libre aux habitants, ou donnés à des associations de solidarité et à des centres d’hébergement“, explique-t-elle.

Les projets sont décalés, mais la transition alimentaire n’attend pas

Ensuite, il a fallu affronter la question de la trésorerie : “Je peux tenir jusque fin avril”, assure Ariane Delmas. L’essentiel des 25 salariés a donc été déclaré en chômage partiel, ou en arrêt de travail pour garde d’enfants. Quant au financement obtenu en début d’année via Paris Initiative Entreprise et BNP Paribas, “il nous met à l’abri pendant deux mois, mais ces fonds étaient prévus pour ouvrir de nouveaux lieux, pas pour payer les loyers et les salaires, explique-t-elle, les nouveaux projets vont donc être décalés“.

Mais même à l’arrêt, Les Marmites Volantes s’activent : elles ont rejoint le collectif Ecotable, dont le label valorise les restaurants éco-responsables, avec d’autres acteurs de l’économie sociale et solidaire : en tant qu’acteurs économiques et en tant qu’acteurs sociaux engagés dans la transition alimentaire, ils entendent bien jouer un rôle-clé dans cette période de confinement. “Nous avons identifié deux cibles de personnes qui pourraient avoir besoin de nous : les précaires qui vivent à la rue et les soignants qui sont en première ligne“, sourit-elle.

Une cuisine spécialement équipée aux Grands Voisins

Afin de bien nourrir les soignants et les sans-abri, une collecte de financement participatif vient d’être lancée, qui permettra d’acheter des produits de bonne qualité à des producteurs identifiés, mais aussi à payer des chefs cuisiniers indépendants qui n’ont pas droit au chômage. En bout de chaîne, une équipe de bénévoles met la nourriture en barquettes, puis les achemine à des structures d’action sociale qui les distribuent à leurs bénéficiaires.

Pour éviter la propagation du coronavirus malgré les échanges, les dons et les gestes de solidarité, les plats sont confectionnés aux Grands Voisins dans une cuisine spécialement équipée pour cette période de confinement. Le nombre de cuisiniers est aussi volontairement limité pour garantir la distanciation sociale et tous les intervenants sont équipés de masques et de gants. Enfin, pour assurer la livraison, les plats sont emballés dans des emballages jetables et compostables au maximum.

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