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Touché par le coronavirus juste avant le confinement général, Jean Moreau va beaucoup mieux. Mais Phénix, l’entreprise qu’il dirige, doit bien faire le dos rond pendant la crise : « Nous accusons un ralentissement de l’activité comme l’écrasante majorité des acteurs économiques« , reconnaît Jean Moreau, dans cette interview vidéo accordée à Mediatico. Bien sûr, les collaborateurs sont en télétravail, à Paris et dans les 25 antennes régionales de l’entreprise sociale.

Heureusement, l’alimentation et la grande distribution ne sont pas des secteurs cycliques et la plupart des magasins restent ouverts, permettant à Phénix de poursuivre ses collectes d’invendus alimentaires pour les redistribuer à des associations caritatives. Mais voilà dix jours, d’un seul coup, au moins trois éléments sont venus défier sérieusement l’organisation bien huilée de Phénix.

Sérieux coup de frein sur l’activité

D’abord, un énorme afflux de produits alimentaires issus de la fermeture des restaurants et des cuisines centrales des écoles. Ensuite, la rupture des stocks des magasins et leur désorganisation faute de personnels en nombre suffisant au travail. Enfin, la fermeture partielle ou totale de plusieurs associations bénéficiaires. Résultat : un sérieux coup de frein sur l’activité globale !

« Nous estimons l’impact à -40% ou -50% sur notre activité« , affirme Jean Moreau dans cette interview vidéo. Or, comment verser les 170 salaires de l’entreprise à la fin du mois, quand le chiffre d’affaires a chuté de 50% ? Pour l’heure, il n’est pas inquiet : « Nous avons sécurisé une levée de fonds de 15 millions d’euros l’an dernier, que nous avons complétée par une entrée au capital du fonds Danone Manifesto Ventures en février, nous avons peut-être eu le nez creux« .

« La seule chose à faire, c’est de maîtriser sa base de coûts« 

Pas question pour autant de rester immobile : Phénix va serrer la vis, geler ses futures embauches et ses dépenses marketing, et même revoir son plan d’investissement qui passait par l’ouverture en 2020 de quatre nouveaux pays en Europe. Ses actionnaires comprendront. « En l’absence de visibilité, la seule chose que l’on peut faire c’est de maîtriser sa base de coûts« , affirme-t-il en bon chef d’entreprise, fût-il issu de l’économie sociale et solidaire.

En attendant, rien n’empêche de nouer des partenariats ou de lancer des projets, comme cet accord avec Stuart, la filiale de La Poste, qui va livrer des paniers d’invendus alimentaires directement sur le pas de porte des particuliers. Ou comme cette opération de crowdfunding, destinée à financer l’achat de nourriture de qualité pour le personnel soignant, avec l’aide du grand public.

On le voit, Jean Moreau est en forme, il a retrouvé presque 100% de son état de santé. Il nous raconte d’ailleurs aussi dans cette interview ses symptômes, ses 12 jours sans goût ni odorat, sa grosse fatigue… Mais l’absence de détresse respiratoire. Ouf !


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