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Acteur majeur de l’agriculture bio en France, la Coopération Agricole a dressé la semaine dernière un bilan d’activité à mi-année, dans un contexte conjoncturel tendu du fait de l’inflation alimentaire, du stress hydrique et de la baisse de la consommation nationale de produits bio par les Français, une première dans l’histoire d’un secteur.

Selon une enquête menée auprès de 188 coopératives, sur un total de 800 coopératives certifiées en 2023, le marché de l’agriculture biologique atteint 2,3 milliards d’euros en 2023. La Coopération Agricole est particulièrement sensible aux fluctuations du marché bio, car elle assure notamment 71 % de la collecte ou de la production de céréales bio, 66 % des volailles de chair bio, 64 % de la nutrition animale bio, et environ 55 % des porcins et des ovins bio.

Or, selon l’enquête menée par la Coopération Agricole, 53 % des coopératives bio enregistrent une baisse de leur chiffre d’affaires par rapport à 2022. Les chiffres montrent que plus de la moitié des coopératives ont dû déclasser des produits bio pour faire face à la diminution de la consommation, c’est à dire les vendre au prix du non-bio dans des circuits de distribution traditionnels. 

Une communication publique pour souligner la qualité des produits bio ?

Malgré les défis conjoncturels, les coopératives restent toutefois fermement engagées en faveur de l’agriculture biologique. Seulement 3,2 % des agriculteurs interrogés envisagent une déconversion, et moins de 12 % des coopératives envisagent plus de dix déconversions dans l’année, principalement dans le secteur des grandes cultures.

Quant à l’avenir de la bio, près de la moitié des coopératives veulent rester optimistes. Seulement 4 % envisagent de réduire leurs activités et 3 % de les arrêter à court et moyen terme. 

La Coopération Agricole appelle toutefois les pouvoirs publics à prendre des mesures pour soutenir la filière, notamment en mobilisant la restauration collective pour créer de nouveaux débouchés. 

Elle plaide également en faveur d’une communication massive pour mettre en avant les avantages et la qualité des produits bio. Enfin, elle demande un soutien financier public pour accompagner les producteurs et les acteurs économiques en difficulté, qui contribuent à promouvoir une agriculture résiliente à l’heure de l’urgence climatique et de la mise en route du projet gouvernemental de planification écologique.